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A
Aywaille les anciens historiens locaux ont publié certains de leurs
écrits en se basant sur des assises qui ne sont parfois que des
suppositions, voire des légendes. Certains faits appartenant
au lointain passé de notre région ne peuvent être prouvés par des
archives ou des faits concrets. Il faut donc bien s'en accommoder.
L'histoire du château de Vieux Jardin n'y échappe pas. En l'absence
d'éléments probants, il est ardu d'avancer des explications précises. A
l'impossible nul n'est tenu.
Les
ruines de ce qui semblerait avoir été jadis une ancienne place forte
sont situées sur les hauteurs de Dieupart. On a dit de ce château
qu'il pourrait avoir été construit au Xe siècle. On a parlé de l'époque romaine, de l'époque des
invasions. Certains historiens
ont écrit qu'il aurait été détruit vers 1288 par les troupes du duc
Jean Ier de Brabant parti livrer bataille à Woeringen. Une fois
de plus rien ne permet d'attester la véracité de ces faits et bien
des controverses existent à ces propos.
.
Sur
la vue de gauche, on aperçoit un renfoncement qui aurait pu servir à
suspendre une échelle donnant accès à un poste de guet. Sur la vue de droite, Monsieur X m'explique
qu'à cet endroit aurait pu se trouver une ancienne poutre.
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En 1928,
des fouilles ont été effectuées sous la direction de Ch.-J.
COMHAIRE au lieu-dit "Vieux Jardin" Les principaux
objets mis au jour lors de ces travaux pourraient se
rattacher à l'époque franque. Une question se pose alors
: la position stratégique de cet édifice n'a-t-elle pas
été occupée depuis l'époque des invasions ? L'une des
pièces découvertes permet de penser ainsi. Il s'agit
d'une fibule en bronze du type umbo.
Elle fut découverte dans un affaissement paraissant
avoir été remblayé après que furent tombés en ruines les
murs du castel. D'autres petits objets furent également
mis au jour lors de ces fouilles : des ossements
d'animaux, des tessons d'époques diverses (non romaines)
ainsi qu'une pointe quadrangulaire avec douille. (Voir
dessin ci-contre)
Ce petit objet aurait pu recevoir le manche d'un javelot
ou encore d'un carreau d'arbalète.
Une grosse clef en fer battu, d'un modèle frustre, fut
aussi découverte à cet endroit. Il n'est pas permis
de lui attribuer une date ni une origine.
L'ancien conservateur du musée archéologique de Namur,
M. COURTOY, pensait alors pouvoir assigner à ce "bijou"
un âge contemporain de l'installation définitive des
Francs en Belgique. Cela vers le VIe ou le VIIe
siècle. Il faut cependant tenir
compte du fait qu'aucune mention de sépultures franques
ni romaines n'a été signalée dans les environs du site
de Vieux Jardin.

Plan des soubassements mis à jour par les fouilles réalisées en
1928, levé par M. J. R. MONSEUR.
En examinant le plan de cet ouvrage nous constatons qu'il existe
deux enceintes fortifiées et quasi concentriques. Bien qu'étant
toutes deux de forme comparable, elles paraissent être d'âge et de
construction différents. L'enceinte extérieure est composée de murs
très épais; elle sert d'assise à une seconde position légèrement
surélevée.
Ses murs sont moins épais hormis un
renfort ou mur double érigé du côté Est, vers le plateau, à un
endroit où l'absence d'escarpement rocheux permet l'escalade.
De ce côté, la muraille extérieure a été soigneusement conservée.
Elle constitue une fausse baie au rempart intérieur.
L'ancien château de Vieux Jardin, dépendance du Luxembourg et place
frontière, aurait pu être un poste d'observation dont les occupants
auraient amené ici le mode de construction utilisé dans les régions rhénanes et
vosgiennes ou encore de l'Eiffel. En guise de conclusion,
il faut retenir qu'il y a très peu de choses et de faits concrets qui auraient
pu permettre d'avancer une date de construction plus précise.
Nous en conclurons que l'ancien château avait bien l'aspect d'un petit poste
d'observation à l'intérieur duquel une petite garnison maintenait en état
une enceinte fortifiée. Celle-ci était suffisante, en cas d'alerte, à offrir
un abri aux populations agricoles des environs. |

Quelques objets
découverts.

Fac-similé de l'ancien
château de Vieux Jardin (Reconstitution)
Faute de ressources, les
fouilles ont été trop tôt interrompues. De ce fait, il
n'a pas été possible de trouver des éléments qui
auraient pu permettre de savoir si la grosse muraille
(3,50 m. d'épaisseur) interdisant l'accès par l'Est
était ou pas précédée d'un ouvrage avancé.
L'ensemble des murs est
construit en appareil régulier. Ils sont constitués par
des moellons de toute taille, principalement en
calcaire, avec un soin remarquable; la plupart d'entre
eux sont taillés en 15 x 15 cm. L'ensemble des matériaux
a été prélevé sur place. Notons que l'endroit est riche
en bancs de calcaire. Quelques moellons de grès rouge et
de grès jaune ont été amenés du voisinage.
La muraille sise au Nord
était solidement assise. Les fondations qui ont été
dégagées ne mesurent pas moins de 4 m. 75 de largeur.
Depuis lors, l'exploitation des ruines en guise de
carrière a réduit d'une manière significative la hauteur
des anciennes murailles.
Il est bon
de savoir qu'aucun puits n'a été mis au jour. Nous
pouvons alors supposer que les occupants ne séjournaient
pas longtemps sur le site.
A contrario, nous pouvons aussi supposer qu'il ait pu
exister et avoir été par la suite comblé avec des
matériaux divers.
Nous devrons donc
confronter l'histoire et la légende, ce qui permettra à
chacun d'entre nous de tirer ses propres conclusions.
Chacun est également
libre de laisser courir son imagination, voire ses
fantasmes et de les arrêter là où il le jugera bon.
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Entre le
12 juin 1977 et le 24 avril 1979, de nouvelles
recherches furent entreprises par M. Gaston LAWAREE.
La dernière période de fouilles s'est terminée le 28
juillet 1988. M. LAWAREE y participa également, ce
qui lui permit de constater que trois fortifications se
sont succédées sur le site. La première serait
antérieure au XIIe siècle. Il fit la
découverte d'une poterie qu'il data, avec beaucoup de
probabilités, du XIIe siècle. |



Ancien mur d'enceinte extérieure du château

L'éperon rocheux au-dessus duquel était érigé l'ancien château. |
Que dit la
légende ?
Le
seigneur de Vieux-Jardin, séduit par la beauté d'une religieuse d'un
monastère voisin, l'avait enlevée de vive force et l'avait
transportée en son château. Ses sollicitations amoureuses restant
sans succès, il allait recourir à la violence quand la jeune fille
lui présenta une petite statue de la sainte Vierge.
Un instant indécis, le ravisseur repoussa cette image et mit la main
sur la victime. Tout à coup, le tonnerre retentit et le donjon
s'écroula sur tous ceux qu'il renfermait.
Nul n'osa se révolter contre le ciel en essayant de relever le
manoir; les héritiers du seigneur construisirent un nouveau château
et y fixèrent leur résidence.
Deux pâtres fouillant dans les ruines longtemps après cet événement,
y trouvèrent la petite statue de la Vierge dont parle la légende.
Tous deux voulaient se l'approprier mais le pasteur du lieu, pris
pour arbitre, les mit d'accord en décidant qu'elle deviendrait la
part de Dieu.
Une église bâtie avec les débris du vieux castel, donna asile à
l'image miraculeuse et reçu le nom de "Notre-Dame de Dieupart."
Le nouveau château fut
construit au XIVe siècle; c'est l'actuel
château de Montjardin,
situé le long de la route menant à Trois-Ponts.
En me promenant.
Il y a peu de temps, alors que j'étais à la chasse (photos
!) dans ces bois, je fus interpellé par le bruit causé par
des déplacements de pierres. En regardant alentour, je
rencontrai un personnage bien sympathique, d'un certain âge
certes, mais encore très alerte; il était occupé à tenter de
reconstruire un mur. Je m'approchai de lui afin d'entamer la
conversation. Celle-ci dura quasi 2 heures durant lesquelles
j'appris beaucoup de choses relatives à ces ruines.
Je proposai
alors à ce Monsieur X de publier ses découvertes et son
savoir sur mon site Internet. Il était enchanté de
rencontrer quelqu'un qui s'intéressait à ses travaux et
c'est heureux qu'il accepta ma proposition.
Malheureusement, le soir de cette même journée, il me
contacta par téléphone afin d'annuler notre collaboration.
Probablement très mal conseillé par des gens jaloux, il
proposa cependant de me rencontrer en privé afin de me
communiquer les notes qu'il avaient accumulées durant
plusieurs années. Toutes les rencontres ont été reportées
aux nouvelles calendes grecques !
Puisque le monde est ainsi fait, laissons-le tel qu'il est
et laissons dormir le savoir d'une personne avec toutes
ses archives.
Gageons
qu'un jour quelqu'un arrivera à les monnayer et
à les faire fructifier. Je souhaitais simplement en faire
profiter tous les passionnés d'histoire ancienne.
Bien
qu'ayant appris
par Monsieur X
beaucoup de choses me
paraissant très plausibles et très réalistes, je me garderai
de les publier.

Ci-dessus, le
Grand Hêtre, un arbre remarquable. Il était jadis situé non loin du
château de Vieux-Jardin. De nos jours, il n'existe plus.

Murs d'enceinte extérieurs
et intérieurs, côté Est. |
Bibliographie :
Docteur THIRY, «Histoire d'Aywaille», deuxième
partie, tome V.
J. de THEUX de MONTJARDIN « Histoire de la
seigneurie de Montjardin et de la Porallée miraculeuse », Bruxelles,
1869.
P. AIMONT « Aqualia ».
Les dessins ont été réalisés par Paul LEPAGE.
© 2009-2010 Jacques Schoumakers.

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