Les trolleybus, un autre moyen de transport.

Au début des années 30, d'autres types de transport firent leur apparition : les trolleybus, des véhicules d'origine anglaise. Ils avaient la particularité de rouler sur des pneus, généralement de marque ENGLEBERT dont une usine était établie à Herstal.

La famille ENGLEBERT, grands capitalistes liégeois, s'était spécialisée dans l'exploitation du caoutchouc colonial belge.

Électrifiés eux aussi, ces véhicules procuraient une toute autre souplesse d'utilisation par rapport aux tramways dans le sens où ils offraient une meilleure adhérence à la route mais aussi par le fait qu'ils pouvaient se rendre dans les rues très sinueuses, inaccessibles aux tramways.

Ci-dessus, vue du trolley réversible type 402 (série de 401 à 404) construit en 1932 par les ateliers Brossel Frères et D'Heur. Doté de 28 places assises et de 32 places debout, il desservit dès 1936 la ligne "La Banque (Seraing) - Chatqueue" Par la suite, en 1936, la ligne fut prolongée jusqu'à Ivoz-Ramet. Ces trolleys étaient dotés de deux postes de conduite et d'un double jeu de perches afin de faciliter les manœuvres au terminus très étroit de "La Banque" Ils furent reconvertis dès 1940 en véhicules unidirectionnels.

Durant près de quarante années, ces véhicules régnèrent en maîtres sur les hauteurs de Liège. On pouvait les apercevoir à Cointe, au Laveu, à Burenville ou encore au Thier à Liège. Ils circulaient aussi dans les communes périphériques, à Grivegnée, Ans, Loncin, Oupeye et à Vaux sous Chèvremont entre autres. En pleine apogée, le réseau des trolleybus liégeois était le plus important d'Europe. Le matériel roulant était quasi exclusivement construit et assemblé en région liégeoise; quelques-uns étaient cependant construits en Angleterre. L'essentiel de la fabrication était confié à la Fabrique Nationale (FN) de Herstal.

L'autobus 72, surnommé "le p'tit bleu", appartenait à une série de 14 véhicules destinés à remplacer les tramways affectés à des lignes peu rentables. Circulant principalement sur la ligne 17 (Guillemins-Bressoux) et sur la ligne 18 (St.Lambert-Bressoux) ils remplacèrent définitivement, en 1972, tous les trolleybus du réseau liégeois.

Le très rudimentaire poste de conduite de l'autobus 72.


Je termine ce modeste historique par quelques lignes relatant le déclin de la traction électrique à Liège. On situe l'apogée du réseau tramways - trolleybus vers 1950. Les années '60 et '70 subiront bien des suppressions et rationalisations dans plusieurs  domaines, y compris celui des transport en commun. Le matériel en usage devient vieillot, voire usé, et aucune commande visant à son remplacement n'est envisagée.

Vers 1954-1955, la Fabrique Nationale envisagea la création d'une nouvelle génération de trolleybus dénommés les "T 54" espérant par là concevoir une vitrine du savoir-faire liégeois. Malheureusement, cette initiative n'eut pas de grande retombée.

Comme une peau de chagrin, le réseau des trams et trolleys s'atrophia de manière plus que rapide. L'année 1964 vit circuler les derniers trams tandis que le dernier trolleybus rentrait définitivement au dépôt le 9 novembre 1971. L'ère des transports en communs au moyen des véhicules électrifiés s'achevait et pour corser le tout deux ans plus tard, en 1973, le premier choc pétrolier commençait son cortège de désillusions.

Laissés par la suite à l'abandon et à la démolition, des tunnels furent creusés à Liège en vue de la construction d'un réseau de transport automatisé, le fameux T.A.U. (Transport Articulé Urbain) Que de dépenses inutiles : ce réseau n'a jamais vu le jour ! Le projet sombra dans l'oubli, faute de volonté politique. On parla même de la création d'un métropolitain mais c'est bien plus tôt qu'il eut fallu y penser !

Quelques indications et interdictions.
 


C'est ainsi que les diverses sociétés privées de transport disparurent les unes après les autres. Les "TULE" devinrent la "STIAL" qui elle même fusionnera avec les "RELSE" pour ensuite devenir la "STIL" appellation aujourd'hui abandonnée au profit des "TEC" Affaire à suivre. Toujours est-il que mis à part quelques tentatives de mise en circulation de véhicules électriques, le parc liégeois des véhicules de transport en commun est en majorité composé de véhicules à traction diesel.

© Jacques Schoumakers

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