Le service régional d'incendie d'Aywaille (SRI)

Divers emplacements pour une nouvelle caserne.

Faire un bon choix n'est pas une chose relativement aisée dans le sens où énormément de paramètres doivent être pris en considération tant au niveau de l'infrastructure qu'au niveau de l'emplacement à choisir. De plus, le coût de cette nouvelle réalisation ainsi que les différents subsides pouvant être espérés sont des variables à ne pas négliger si l'on veut réaliser des choses concrètes.

Si l'on s'en réfère à des coupures de presse datant de juillet 1997 mais également aux archives existantes, l'on peut déduire qu'il était envisagé de construire la nouvelle caserne à trois endroits différents, à savoir :

  • L'emplacement de l'ancien terrain de football de Remouchamps

  • L'espace situé entre le magasin Delhaize et l'église de Dieupart.

  • Sur les hauteurs de Sougné, à Playe plus exactement.

Un choix s'imposait mais il était impératif qu'il soit le bon. Si l'on n' a pas trop développé la possibilité d'opter pour le second emplacement l'on a très sérieusement envisagé l'option visant à construire les bâtiments au pied de la bretelle de l'autoroute. Par la suite, cette opportunité fut également abandonnée pour des raisons environnementales. Pour corser davantage la polémique, des discordances se manifestaient au sein du conseil communal à tel point que certains se posaient la question de savoir si l'affaire "pompiers" n'allait pas bouter le feu à la campagne électorale de l'époque.

Une manifestation de grande importance.

Cela étant, nous voici en août 1997 et le service régional d'incendie d'Aywaille avait organisé des journées "portes ouvertes" au centre récréatif de Remouchamps. Bien sûr, d'autres manifestations de ce genre avaient déjà été organisées par le passé mais celle-ci revêtait une importance toute particulière. Pour la première fois dans la région, une manifestation de grande envergure avait été mise sur pied par les membres du SRI d'Aywaille. Il s'agissait d'une journée interdisciplinaire d'accidentologie à laquelle de nombreux membres des différentes unités de secours existantes venaient y faire montre de leur professionnalisme.

     Les participants à cette manifestation :

  • Le service régional d'incendie d'Aywaille.

  • Des membres de divers casernements de pompiers.

  • Des représentants de la Croix Rouge.

  • Des membres de la Protection civile.

  • Des représentants de la police et de la gendarmerie.

Hélico Gendarmerie

L'on estime entre 250 et 300 le nombre de professionnels de la santé ayant participé à cette journée interdisciplinaire d'accidentologie. L'assemblée générale des médecins affectés à des corps de sapeurs-pompiers des régions francophones et germanophones de notre pays revêtait elle aussi une importance capitale. L'on pouvait ainsi assister à de nombreux exposés relatifs aux premiers soins à apporter lors des grandes catastrophes. L'un des plus remarquables fut sans conteste le développement des différents moyens mis en application lors du difficile travail d'identification des victimes défigurées par des sinistres de grande importance.

Le but principal de cette manifestation était de mettre en concordance les divers moyens offerts par les différents services d'aide aux victimes. Nous sommes bien loin de l'époque où il fallait batailler afin d'obtenir quelques mètres de tuyaux supplémentaires et nul ne s'en plaindra. Aujourd'hui, plus personne ne pardonnerait une éventuelle inefficacité des services de secours lorsqu'ils interviennent tant pour de petits sinistres comme lors de grandes catastrophes. Il est donc impératif d'obtenir une coordination efficace entre les différents corps intervenants. Les journées de rencontres interdisciplinaires sont précisément organisées dans ce but et il est à espérer que d'autres verront le jour dans les temps à venir.

Quelques vues des simulations et exercices réalisés lors de ces journées.

 

Quelques précisions.

En mars 1999, on note un effectif fort de 45 pompiers parmi lesquels figurent deux femmes principalement affectées aux services d'ambulance. Ces soldats du feu viennent de recevoir de nouvelles tenues individuelles, mieux adaptées pour parer aux dangers rencontrés lors des différentes interventions. Ces nouveaux vêtements ont engendré des dépenses dont le coût s'élevait à 1.300.000 Frs.

Ci dessus, les nouveaux uniformes.

Commandée le 5 mai 2000 et mise en fonction le 7 septembre 2001, l'ambulance de marque VOLKSWAGEN fut officiellement présentée à la population d'Aywaille le 20 décembre devant les locaux de l'Hôtel de Ville. Cette ambulance  se justifiait amplement par le nombre d'interventions répertoriées au cours des dernières années. Ces interventions sont malheureusement en constante évolution comme l'attestent les statistiques suivantes, relatives au nombre des sorties :

  • 395 en 1992.

  • 423 en 1993.

  • 462 en 1994.

  • 576 en 1995. (Année au cours de laquelle fut mise en fonction l'ambulance Peugeot)

  • 579 en 1996.

  • 627 en 1997.

  • 638 en 1998.

  • 608 en 1999 et 731 sorties en 2000 alors que l'année n'était pas encore terminée au moment de la consultation des archives. Rappelons qu'une première demande visant à obtenir une ambulance avait été introduite en 1985 et qu'elle fut mise en fonctions 6 années plus tard, le 7 septembre 1991 suite à une convention de prêt établie avec le Ministère de la santé.

Quel endroit pour la nouvelle caserne ?

Comme il fallait s'y attendre, le choix de l'emplacement de la nouvelle caserne allait donner naissance à bien des palabres au sein du conseil communal. Sans s'immiscer dans les arcanes de la politique il est cependant curieux de constater les nombreuses abstentions des représentants de partis à caractère dit "social" lorsqu'il s'agit de prendre des décisions relatives au service d'incendie d'Aywaille. En parcourant les archives, l'on finirait très vite par croire qu'un service d'incendie représente, aux yeux de certains élus, un "accessoire secondaire" au sein de la commune.

Depuis 1997, aucun accord quant au lieu d'implantation de la nouvelle caserne n'a pu être établi et en mai 1998, l'on sait qu'il était alors envisagé de construire le casernement en bordure de l'avenue de la Porallée mais nous en apprendrons pas davantage. Il était pourtant impératif de prendre rapidement une décision mais également d'établir le montant estimatif des travaux envisagés afin de transmettre le dossier en temps utile à la Région Wallonne. Il faut savoir qu'une fois ce montant arrêté, il ne pourrait plus être revu par la suite et tout l'enjeu était d'obtenir les subsides qui seraient octroyés en fonction de ces dépenses.

Le 29 janvier 1999, le montant estimatif des travaux se chiffrait à 50.981.838 Frs et probablement l'a-t-on recalculé maintes fois puisqu'en date du 2 juillet de cette même année les archives nous informent d'un montant se chiffrant à 47.938.464 Frs dont 80 % seront supportés par la commune durant les vingt années représentant la durée de l'emprunt qu'elle aura contracté.

Le 11 février 2000, le collège décide d'abandonner définitivement les diverses solutions envisagées jusqu'alors et si les archives ne nous apprennent quasi rien au sujet du dernier  emplacement envisagé, l'on constate que le projet d'y ériger la nouvelle caserne n'aura pas fait long feu. C'est alors, que Monsieur DODRIMONT propose de s'intéresser davantage à une parcelle de terrain située "Sur Hodister"  jugeant cet emplacement plus approprié.

Le plan de la nouvelle caserne sise à Playe sera davantage explicité dans un prochain chapitre. Rappelons qu'en date du 24 février 2005, les pompiers d'Aywaille y ont emménagé. La caserne a été inaugurée de manière officielle le 20 mai. La journée "portes ouvertes" s'est déroulée le 21 mai.

La promesse de principe octroyée pour la construction de la nouvelle caserne vient à expiration en date du 10 juin 2000 et beaucoup de problèmes subsistent encore. L'on ressent cependant une volonté manifeste chez certains élus communaux pour mener à bien ce vaste projet. Le dossier complet devant être introduit dans le délai d'un an, le collège sollicite une dérogation auprès du ministère afin de reculer d'une année ladite promesse.

Certes, bien d'autres détails en relation avec les différentes décisions du conseil communal pourraient être développés mais ne serait-ce pas là rentrer dans des considérations trop techniques susceptibles de n'intéresser que peu de lecteurs ? Sachons cependant qu'il avait été envisagé, en décembre 2000, d'accueillir des services locaux de la Protection Civile au sein du casernement SRI. Il fallait alors revoir la conception des bâtiments et les adapter en conséquence mais les archives existantes ne mentionnent pas d'autres précisions.

Cela étant, la nouvelle caserne dont les travaux ont pris cours en 2003, est maintenant opérationnelle même si divers aménagements ne sont pas encore terminés. Il s'agit là d'une porte largement ouverte vers des technologies d'interventions futuristes et gageons qu'il y apparaîtra d'autres fonctionnalités dans les années à venir. Nous le souhaitons en tous cas.

2 vues de la nouvelle caserne sise à Playe.

Le GRIMP.

Comme nous l'avons vu au cours des exposés précédents, l'heure n'est plus à devoir tergiverser pour obtenir quelques bribes de matériel. La caserne d'Aywaille peut s'enorgueillir d'être l'une des plus performantes parmi celles situées dans d'autres communes. Durant l'année 1997 le casernement d'Aywaille s'est enrichi d'un nouveau service d'aide aux victimes dénommé GRIMP. Il s'agit en fait d'un groupe de reconnaissance et d'intervention en milieu périlleux. Les membres de cette section d'intervention ont dans leurs attributions des missions visant à intervenir là où les moyens traditionnels déployés par les sapeurs-pompiers ne sont pas en mesure d'assurer des secours conséquemment aux incommodités de certains milieux d'intervention.

Il est aisé de comprendre les difficultés que peuvent présenter les accès à des zones fortement enclavées dans divers endroits dangereux du territoire. Et notre commune vallonnée n'est pas en reste à ce niveau. D'une manière générale, là où l'aspect du  terrain occasionne des difficultés d'acheminement du matériel de secours, en fonction de la hauteur ou de la profondeur du site d'intervention, le GRIMP s'avère totalement opérationnel.

La France, comme à l'accoutumée dans beaucoup de domaines, est le pays initiateur de cette méthode spécifique d'intervention. Ce pays est particulièrement bien avancé dans le domaine de l'aide aux victimes. Il est donc tout à fait normal et même grand temps de voir nos services de secours régionaux et nationaux calquer le savoir-faire de nos voisins d'outre Quiévrain.

En juin 2000, des contacts furent établis avec les services d'interventions du département de la Moselle ainsi qu'avec le centre national de formation des hommes affectés au GRIMP situé à Florac, dans le Lozère. L'aqualien Maurice LEVAUX fut admis au sein de ce groupe afin d'y effectuer l'entraînement spécifique visant à obtenir le brevet français le reconnaissant apte à exercer les fonctions de chef d'unité d'intervention en milieu périlleux du niveau 3.

Le SRI d'Aywaille pouvait alors envisager de développer davantage la mise en pratique des techniques toutes particulières propres à ce groupe d'intervention. Diverses formations furent organisées au cours des mois suivants : formations de niveau 1 dénommée SHERPA et de niveau 2 pour les équipiers sauveteurs.

Actuellement, des cessions de formations sont accessibles aux membres du personnel des corps de pompiers appartenant à d'autres communes. L'on peut ainsi voir régulièrement des pompiers venant d'Andenne, de Bastogne ou encore de Houffalize venir assister à ces formations particulières. Par la suite, fort de son expérience, le GRIMP aqualien proposa d'offrir ses aptitudes et ses expériences au directeur liégeois de l'école du feu. Le but de cette démarche était de participer à la mise sur pied d'un cours provincial officiel. Un accueil plus que favorable fut réservé à cette initiative.

Dénommé "Sauvetage par cordages" ce cours visait à enseigner les particularités afférentes à ces techniques particulières d'intervention. Les cours de niveau 1 connurent un taux de participation relativement élevé puisqu'on y relevait la présence d'environ 200 participants accourus des quatre coins la province. Lors de la première session officielle de cours du second niveau, 12 stagiaires assistèrent à 88 heures de formation.

Si en 2002 l'on relevait un effectif de 15 hommes affectés à ce service très pointu, en ce début 2006 il ne reste que 8 volontaires entièrement opérationnels. Certains se sont donc désistés mais on peut en comprendre leurs motifs : le GRIMP est soumis à des réglementations et à des contraintes particulières ainsi qu'à des entraînements réguliers et très ardus, ce qui n'est pas à la portée de tout un chacun. Nul ne doute cependant qu'une évolution en hommes et en moyens se développera dans les temps futurs.

Notons au passage l'existence de 15 chefs d'unités brevetés sur le territoire belge mais retenons principalement que le SRI d'Aywaille en comporte quatre. (2002) Reconnaissons également l'énorme dévouement de Maurice LEVAUX qui à grandement contribué à la création de ce groupe d'élites. Il fut le premier belge à qui fut décerné le diplôme de l'école nationale de GRIMP français.

© Jacques Schoumakers 2004-2005

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