Le service régional d'incendie d'Aywaille (SRI)

Aywaille, il y a le feu chez les pompiers !

Nous voici donc en l'an de grâce 1996 et les problèmes ne manquent pas de défier la chronique au casernement d'Aywaille. Si dans les temps passés ils avaient pour thème l'équipement et le matériel, ils commencent à prendre des tournures d'une toute autre nature. Il est question de sous et encore de sous. Et lorsque l'on évoque les deniers, des ires apparaissent généralement de toutes parts. Au cours des diverses réunions du conseil ou du collège, les promotions à faire valoir au sein du corps des sapeurs pompiers ont été maintes fois retirées de l'ordre du jour. Soit par la majorité en place, soit  par les membres de l'opposition. Une précision cependant : je ne souhaite pas rentrer dans des polémiques à caractère politique, je relate simplement les faits tels qu'ils peuvent être lus dans les différentes sources d'archives en ma possession mais également dans certaines coupures de journaux.

Une cinquantaine de pompiers constituent le corps qui assure les secours sur les territoires des entités d'Aywaille et de Stoumont. Le nombre de pompiers ne peut jamais être avancé avec exactitude car il fluctue en fonction de l'origine des archives consultées. Certains d'entre eux ne se contentent plus d'être de simples volontaires, ils veulent prendre, à juste titre, «du galon» et c'est bien là où blesse le bât !

Le chef de corps des sapeurs pompiers d'Aywaille était à ce moment lieutenant. Pendant plusieurs mois, il fut proposé au grade de capitaine mais cela n'allait pas sans remuer les méninges de certains élus communaux. A tort ou à raison. A chaque pompier de se forger sa propre opinion. L'impact financier qu'aurait provoqué cette nomination aurait avoisiné la somme annuelle de 200.000 francs, engendrant ainsi un surcoût de 30 % par rapport à la rémunération perçue jusqu'alors.

Lors d'une réunion de la Commission communale des pompiers (organe consultatif) en date du 18 octobre 1996, il fut fortement question de remettre en cause le traitement dudit lieutenant qui, depuis quelques années, était rémunéré au grade de capitaine alors qu'il n'y avait jamais eu aucune nomination officielle à ce grade. Une enquête administrative fut menée dans le but de tenter de déterminer s'il s'agissait d'une «erreur» ou bien d'une «faute» L'on avança le fait qu'un remboursement de la différence serait réclamé à l'intéressé puisque cette somme aurait été indûment perçue.

Ces dysfonctionnements gênants font désordre, ils engendrent des divergences entre les membres des différents partis représentés au conseil communal. Parmi les membres du corps des sapeurs pompiers, on perçoit des tirs au flanc, des attaques dans le dos et autres «tiraillements»  Chacun avance du n'importe quoi sur n'importe qui. Un contentieux entre le casernement d'Aywaille et l'administration communale germait tranquillement depuis un certain temps. Il ne demandait qu'à éclore. C'est chose faite. Alimenté par d'innombrables problématiques dont beaucoup d'entre elles ont trait à l'avancement et donc à l'argent, ce conflit perdure encore de nos jours.

Volontairement, je m'abstiens de publier certains propos publiés dans les colonnes de divers journaux pour la simple raison de ne pas risquer d'étendre davantage des ecchymoses existantes. L'année 1996 n'aura rien amené de bien concret. Au contraire, nous venons de le découvrir. Alors qu'il a fallu batailler durant de longues années avec les différentes autorités afin d'acquérir un matériel d'intervention correct et performant, voila qu'apparaissent des conflits internes générés par l'excessif appétit de certains.

Tournons la page, passons en 1997 et voyons si les problèmes seront récurrents. A moins que d'autres surgissent ! Tout devient possible en vertu de ce qui a été écrit précédemment mais également en fonction des dires de certains. Cette fois, 39 hommes sont recensés et parmi ceux-ci, cinq exercent la fonction d'ambulancier. Il fut décidé de procéder pour l'avenir à des recrutements annuels afin de palier à certaines démissions mais également pour remplacer des pompiers trop souvent absents. Quinze candidatures seront examinées durant le mois de juillet de cette année en cours. L'équipe  des sapeurs-pompiers est à cette époque dirigée par trois officiers, à savoir le chef du corps, un officier médecin et un sous-lieutenant.

Des pompiers chômeurs ou des chômeurs pompiers ?

Question qui soulève bien des polémiques dans le sens où certains souhaitent savoir si un individu percevant des indemnités de chômage a le droit d'exercer une activité parallèle. Bien qu'étant tous des volontaires, les sapeurs-pompiers ont l'opportunité d'arrondir leurs fins de mois au gré du nombre d'interventions auxquelles ils prennent part. Qu'ils y trouvent ou pas un intérêt en fonctionnant de la sorte ne nous concerne pas. Laissons à chacun le soin d'agir comme il l'entend et laissons trancher cette question par les autorités et organismes compétents. Cela dit, il est regrettable de devoir parler de ce genre de choses lorsqu'il est question de secourisme ou de sécurité des citoyens. Il ne faut pas pour autant se voiler la face en feignant d'ignorer ces querelles internes puisqu'elles sont bien réelles.

 

 

Le matériel en 1997.

L'on pouvait alors parler d'un «parc» de véhicules dans le sens où le casernement des pompiers d'Aywaille n'était pas en reste vis à vis des des casernes situées dans d'autres communes alentour. L'un des camions, en l'occurrence un camion-citerne ayant été accidenté, avait auparavant connu un nombre relativement important de pannes. Sa mise en vente fut envisagée et un camion de remplacement était prévu dans le courant du mois de septembre. L'on prévoyait également, en mars 1998, l'arrivée d'une autopompe légère et en 1999, l'acquisition d'un véhicule de désincarcération. Nous en reparlerons, le cas échéant. Outre le camion accidenté, le parc comprenait l'ambulance, un véhicule de commandement, une autopompe utilisée pour les feux de forêts ainsi qu'une autopompe semi lourde. Toutes ces dépenses étaient inscrites au budget extraordinaire de la commune basé sur un plan quinquennal. La commune d'Aywaille prenait en charge le quart de ces dépenses dont le reste était financé par le ministère de l'Intérieur.

Pareille organisation engendrait des dépenses relativement importantes se chiffrant approximativement à 9 millions de francs par an. Ces dépenses étaient constituées des frais de fonctionnement du casernement, des différentes assurances, des frais de carburant et des charges afférentes aux bâtiments.

Depuis le début de l'année 1997 jusqu'à la mi-juillet, l'on recensait déjà 550 interventions dont 330 sorties effectuées par l'ambulance. Au cours de cette même année, environ 480 dossiers concernant la prévention des accidents ont étés traités.

A peine avons-nous souligné l'importance du fait d'avoir emménagé dans une vraie caserne et l'on parle maintenant de déménagement. A vrai dire, l'ampleur du matériel et des hommes ayant tellement évolué au cours d'une période relativement courte, les locaux se sont vite avérés trop exigus. Si les véhicules sont rangés à niveau de la route, prêts à intervenir, une bonne partie du matériel est stocké au sous-sol du bâtiment, créant ainsi des problèmes de coordination «lorsqu'il y a le feu !» De plus, les locaux de l'avenue Louis Libert ne sont pas adaptés pour assurer une cohabitation correcte du personnel des deux sexes. Le cas échéant, ils ne permettent plus de rentrer un véhicule supplémentaire.

On a bien évoqué l'hypothèse d'agrandir la caserne mais l'idée fut très vite abandonnée : en construire une nouvelle paraissait plus judicieux. Et on le comprend aisément.

De suppositions en probabilités, une porte s'ouvrait vers de nombreuses controverses quant à la création de cette nouvelle caserne. Plusieurs emplacements étant considérés, il n'y avait plus qu'à faire un choix : le bon ! Les archives nous apprennent qu'en 1994, des esquisses de travaux avaient déjà été réalisées mais nous n'avons pas d'autres détails relatifs à ces plans.

© Jacques Schoumakers 2004-2005

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