Le service régional d'incendie d'Aywaille (SRI)

Enfin, une vraie caserne pour les hommes et le matériel.

Le 27 octobre 1984 à 15 heures, l'inauguration de la nouvelle caserne des sapeurs-pompiers d'Aywaille se fête en grande pompe. Il aura fallu du temps, de la patience et de l'acharnement. L'existence d'un corps de sapeurs-pompiers représente un acquis social d'une grande importance pour les habitants d'une commune. Tout a été mis en oeuvre afin qu'un souvenir reste en mémoire de tous les participants à cette réjouissance collective. Les rues d'Aywaille ont vu défiler les pompiers en uniforme, accompagnés de diverses personnalités locales dont le sénateur bourgmestre de l'époque, Monsieur Joseph BONMARIAGE, qui fut chargé de couper le ruban symbolisant la mise en fonction de la nouvelle caserne. Dispersé à divers endroits de la localité, le matériel d'incendie pouvait ainsi être regroupé en un seul emplacement constitué de salles diverses, d'un grand garage et de bureaux. A l'époque, les sapeurs ne pouvaient espérer mieux.

 

La nouvelle caserne.

L'aménagement de ces nouveaux locaux, situés sur l'avenue Louis Libert, avait nécessité beaucoup de transformations et d'aménagements divers. Ces bâtiments servaient auparavant à un commerce de grains et d'accessoires divers tels que cages à oiseaux, filets de tenderie et bien d'autres choses. Il était nécessaire de rehausser les portes d'accès au garage, ceci  afin de permettre la rentrée des trois nouveaux camions acquis par la commune au cours des cinq années écoulées. Il fallait également aménager une fosse permettant d'avoir accès aux châssis des camions mais aussi aménager des communs afin d'en faire un appartement pour les concierges. Le chauffage des locaux devait aussi être installé et l'ensemble de ces travaux exigeait beaucoup de main d'oeuvre qui fut, pour une bonne part, apportée par des pompiers volontaires.

Beaucoup d'invités étaient présents lors de cette grande manifestation. L'on pouvait y rencontrer les représentants des divers corps de sapeurs-pompiers venus de Malmédy, de Spa, de Battice et de Hamoir. Les membres de la protection civile étaient eux aussi conviés à cette inauguration et l'on y rencontra également le premier commandant du corps, Lucien PAQUAY de même que François GUSTIN, âgé de 69 ans et toujours en fonction depuis 1951. L'on vit aussi la présence de représentants des corps de sapeurs-pompiers français de Sedan et de Floing.

Comme nous l'avons vu dans le chapitre précédent, une ère de modernisation va prendre son envol. Divers matériels, ordinateurs, imprimantes et logiciels bien spécifiques vont être acquis par le SRI. Les années passent, les choses évoluent dans le bon sens et l'on organise des journées "portes ouvertes" qui rencontrent à chaque fois un vif succès. La population d'Aywaille et alentour a toujours manifesté sa réelle bienveillance envers le service d'incendie qui se compose d'une trentaine d'hommes fin 1989.

Si un matériel de réanimation est présent et opérationnel dans leurs véhicules, les pompiers d'Aywaille ne sont toujours pas équipés d'une ambulance. Est-il besoin de rappeler que certains élus communaux n'apprécient pas volontiers les dépenses occasionnées par le SRI d'Aywaille ? Chose qui, à l'heure actuelle, est toujours d'actualité ! Fin 1989, le SRI aqualien couvre un territoire d'environ 18.500 hectares.

Tous les hommes sont titulaires du brevet COSAMU (Commission de Coordination des Services d'Aide Médicale Urgente) N'était-ce pas là une très bonne raison pour justifier l'acquisition d'une l'ambulance ? En revanche, le SRI a reçu une nouvelle autopompe nettement plus puissante que la précédente dont coût : 5.000.000 Frs. De quoi faire pâlir quelques édiles communaux !

Tout cela nous amène en 1991, année au cours de laquelle les choses ont nettement évolué puisque l'ambulance tant de fois demandée est enfin arrivée. Prêtée par le Ministère de la Santé Publique, elle fut mise en fonction le 7 septembre à 8 heures du matin. Elle allait ainsi permettre d'assurer un service opérationnel 24/24H en organisant des rôles de garde d'une durée de 12 heures. L'équipe du SRI comprend alors dans ses rangs 12 membres brevetés AMU (Aide Médicale Urgente) et, après avoir réussi leurs brevets, huit autres personnes viendront compléter l'effectif. Le service est alors doté de deux infirmiers et deux infirmières urgentistes plus un médecin attitré. Le service "100" aqualien devenait opérationnel.

1991 marque le quarantième anniversaire de l'existence du corps officialisé en 1951, bien qu'il existât des pompiers bien en amont de cette date, nous avons pu le constater dans les articles précédents. C'était là une occasion d'organiser diverses manifestations au cours desquelles fut créée une charte de jumelage avec le corps des sapeurs-pompiers français de Floing. Outre la participation de la gendarmerie, l'on notait également la présence de représentants de la Croix Rouge, de la commune de Stoumont, du 13ème Wing et d'autres.

Diverses allocutions furent prononcées par plusieurs personnalités toutes d'accord de reconnaître l'évolution technologique permanente faisant bénéficier les sapeurs-pompiers d'Aywaille d'un matériel de pointe fiable et performant.

Quelques précisions.

Les divers services d'incendie sont basés sur un règlement organique décrété par le Ministère de l'Intérieur. Adapté aux contingences locales, celui d'Aywaille fut voté par le conseil communal en date du 11 juillet 1975. Le règlement organique définit les missions attribuées aux sapeurs-pompiers. Il détermine également le cadre du personnel volontaire et toutes les dispositions relatives aux conditions de recrutement, de promotion, d'engagement ou de licenciement. Le règlement organique est complété par un règlement d'ordre intérieur, déterminant les mesures relatives au fonctionnement du service. Les pompiers volontaires sont en principe rémunérés, ou plutôt indemnisés, suivant des échelles barémiques arrêtées par le conseil communal.

Le SRI d'Aywaille en 1991.

Relevé du matériel :

  • Un camion de marque DODGE, équipé d'une autopompe semi lourde avec un réservoir d'une contenance de 2200 litres d'eau.

  • Un camion de marque SAVIEM, équipé d'une autopompe semi lourde avec un réservoir d'une contenance de 8000 litres d'eau.
  • Un camion de marque RENAULT, équipé d'une autopompe semi lourde avec un réservoir d'une contenance de 2000 litres d'eau.

  • Un camion de marque UNIMOG, véhicule destiné aux zones enclavées et aux interventions en forêt.
  • Une ambulance de marque VOLKSWAGEN comprenant outre un matelas coquille, tout l'équipement requis pour assurer le service 100 ainsi qu'un équipement médical dit "de première intervention"
  • Un matériel très important comprenant divers appareils et équipements spécifiques aux différents types d'interventions.

Le bâtiment, comme nous l'avons vu précédemment, est situé sur l'avenue Louis Libert; il est occupé par un couple de concierges assurant ainsi une garde permanente. Le service est muni d'un système informatisé permettant l'automatisation de certaines tâches récursives.

L'équipe des sapeurs-pompiers était constituée par :

  • le lieutenant chef de service, en l'occurrence Michel GOVAERTS.
  • 2 lieutenants et un officier médecin.
  • 3 adjudants.
  • 3 premiers sergents.
  • 3 sergents
  • 7 caporaux et au maximum, 48 sapeurs ou ambulanciers mais il faut savoir qu'à l'époque, le cadre était incomplet. De nouveaux candidats devaient donc encore être recrutés.
 

 

En 1989, le conseil communal avait arrêté un programme quinquennal visant l'acquisition de matériel subsidié. Il n'a cependant pas toujours été appliqué en temps utile suite  aux difficultés budgétaires que connaissait le Ministère de tutelle. Le camion de marque UNIMOG décrit ci-dessus, faisait l'objet du premier gros investissement de la première année dudit plan. La même année, il fut procédé au remplacement des postes émetteurs et à l'achat de deux appareils respiratoires. Au cours des quatre années suivantes, divers matériels furent soit achetés, soit remplacés.

Si certaines missions spécifiques assurées par les sapeurs-pompiers sont gratuites, d'autres telles les interventions pour la destruction des nids de guêpes ou encore les sorties destinées aux ravitaillements en eau sont payantes.

L'année 1991 fut également marquée par la nomination de 18 nouveaux ambulanciers diplômés à l'issue de la réussite des épreuves imposées. La formation qu'ils ont reçue comprenait 60 heures de cours théoriques ainsi que la participation à 40 heures de stages suivis en milieu hospitalier.

Tout semblait fonctionner au mieux mais il faut savoir que des divergences d'opinions entre le SRI et le conseil communal irritaient les hommes et nuisaient parfois au bon fonctionnement du service. Paradoxalement, certains élus communaux revêtant des couleurs de partis politiques dits "socialistes" ou encore à caractère "social" n'ont pas toujours apprécié les dépenses occasionnées par le SRI. Soit ils émettaient des votes négatifs ou bien s'abstenaient d'émettre un avis lorsqu'il était question de doter le SRI de matériels complémentaires. Mais ne dit-on pas que s'abstenir de voter une décision est la meilleure façon d'agir en laissant sous-entendre que l'on est en accord tout le monde ? C'est l'une des facettes nuisibles de la politique.

En 1995, des polémiques voient à nouveau le jour. A nouveau des dissensions font leur apparition entre les partis de la majorité et ceux de l'opposition. L'objet du contentieux est en l'occurrence un mannequin de réanimation ayant pour but de permettre au personnel des sapeurs-pompiers de se familiariser avec les techniques de défébrilation. Qu'il est loin le temps où l'on parlait de cordes et de seaux ! Si les pompiers d'Aywaille avaient la prétention de vouloir être de plus en plus performants lors de leurs interventions, fallait-il alors qu'on leur en donnât les moyens. Certes le mannequin réclamé était relativement onéreux puisqu'il avoisinait les 200.000 Frs. Mais la sécurité des citoyens ou encore celle des personnes victimes d'accidents à-t-elle un prix ?

Un article paru dans le journal «La Meuse» du 8 juillet 1995 relate ces faits. Le mannequin a finalement été acquis par la commune grâce aux partis de la majorité. L'opposition ayant préféré s'abstenir de voter. Un passage de cet article dit, je cite : «Qui va pouvoir nous expliquer pourquoi il faut un mannequin de réanimation pour les pompiers ? a demandé René HENRY (Visa) à la majorité» Fin de citation. Et Philippe DODRIMONT, alors échevin, de préciser, je cite : «... il (le mannequin) doit s'imbriquer dans le nouveau matériel des pompiers qui ont reçu une nouvelle ambulance le jour de l'été. Cela me gêne d'entendre parler à la légère d'un tel travail. Ce mannequin est une sécurité supplémentaire pour ceux qui peuvent en avoir besoin» Fin de citation. Et hop ! Un mannequin pour les pompiers. Mais quel mannequin !

Lors de deux journées «portes ouvertes» en date d'octobre 1995, des allocutions de divers membres du personnel nous apprennent qu'il faudra songer à remplacer certains véhicules allant bientôt atteindre vingt années de services. La moyenne des interventions annuelles avoisine les 1200 interventions qui ont lieu essentiellement sur les territoires d'Aywaille et de Stoumont. Au cours des dernières années, les opérations ont évolué de façon remarquable. Auparavant elles étaient concentrées à 75 % sur les incendies et feux de forêts et à 25 % par les ambulances appelées principalement pour des accidents de la route. A l'époque, l'on constate un renversement de situation par le fait que les maisons et les bâtiments sont nettement mieux protégés et d'une manière générale, les feux de forêts sont en régression.


 

Décembre 1995 : compte-rendu des missions effectuées en 1994.

Types de missions pompiers :

  • Nombre de missions pompiers : 900, dont les principales sont :
  • Nids de guêpes : 281
  • Ravitaillement en eau : 75
  • Nettoyages de routes : 46
  • Accidents de roulage, désincarcérations, balisages : 44
  • Fausses alertes : 27
  • Feux de cheminées : 16
  • Feux divers : 17, feux de forêts : 2, feux véhicules : 8
  • Éboulements : 1

Types de missions ambulances :

  • Interventions du SMUR (VIM) : 53

  • Interventions à la demande du service 100 : 152

  • Interventions du médecin de corps : 142

  • Interventions à la demande des médecins de famille : 95

  • Courses inutiles : 36

  • Accidents de roulage : 74

  • Chutes : 84, maladies : 254, voie publique : 140, lieux publics : 32

  • Domiciles : 260

Quelques coûts :

Généralement, les missions de secours sont gratuites hormis :

  • Les interventions pour les nids de guêpes : 750 Frs.

  • Les ravitaillements en eau : calculés au prorata de la quantité fournie

  • Ambulance : forfait de 1700 Frs. + 170 Frs./Km du 11ème au 22ème + 130 Frs dès le 22ème Km.

Quant à l'année 1996, elle ne manquera pas de nous surprendre encore !

© Jacques Schoumakers 2004

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