Les Galets de la Saint Antoine, à Nonceveux
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Statue de Saint
Antoine et son cochon telle qu'on peut la voir en l'église Sainte
Thérèse d'Avila à Nonceveux
L'église de Nonceveux
vers 1790. Elle bénéficiera d'une première restauration en 1907
(Photo : Jacques SCHOUMAKERS.2002)
Reproduite avec l'aimable autorisation de l'Institut Royal du Patrimoine Artistique (IRPA) Le 20 mars 1944, les soldats allemands dépendent et emmènent la cloche dans le but de la faire fondre à Hanovre. Le 7 novembre 1945, elle est heureusement retrouvée intacte et l'armée américaine la ramène à Nonceveux. Le 24 octobre 1946, elle est replacée à son endroit initial par messieurs DE COCK, PAUWELS et DE BOCK. |
Le
mois de janvier est particulièrement festif pour les habitants du
village de Nonceveux. Cependant une tradition l'emporte sur les
différentes autres manifestations : la bénédiction et la
distribution des « galets » bénis. Cette fête a lieu le dimanche situé au plus près de la date du 17 janvier. L'origine de cette noble tradition est peu connue. Il semble cependant qu'elle pourrait dater de la fin du 18è siècle. Concernant le 17è siècle déjà, on sait que la population du village de Nonceveux, alors peu nombreuse, avait pris une certaine ampleur suite au développement des activités industrielles. Cette accroissement de population nécessitait la construction d'un édifice afin de pourvoir aux besoins religieux des habitants du village. S'il est possible de consulter des archives relatives aux diverses activités présentes alentour du village dans les années 1600 et même bien avant, il n'en va pas de même pour la création de la première chapelle du village. A l'époque actuelle rien ne peut venir étayer l'hypothèse de la présence de cette chapelle au le 17è siècle. Dans l'inventaire du patrimoine immobilier de Wallonie, l'on retrouve trace d'une chapelle à Nonceveux déjà en 1769 mais sans apporter d'éléments réellement probants. Cela dit, le but de ce texte n'est pas de développer l'historique de la paroisse ni celui du village (On connaît cependant l'existence en 1458, d'un moulin à farine fonctionnant à Sedoz et aussi d'une forge travaillant le minerai de fer à Quarreux. Toujours est-il que jadis, la bénédiction des galets était un véritable pèlerinage auquel assistaient des centaines de personnes dont la plupart d'entre elles étaient des fermiers et des éleveurs de bétail. Cette population accourait de tous les villages situés alentour de Nonceveux et certains pèlerins parcouraient parfois plusieurs dizaines de kilomètres afin d'assister à ces réjouissances. L'on venait prier à la chapelle de Nonceveux afin d'invoquer Saint Antoine pour qu'il intervienne généreusement auprès de Dieu dans le but d'obtenir sa bénédiction. La tradition voulait que l'on fit aussi bénir les animaux amenés là par leurs propriétaires. De là est née la bénédiction des galets. Ceux-ci étaient amenés par centaines, voire par milliers par de nombreux marchands installés le long des routes menant à la chapelle. Les pèlerins achetaient la quantité de galets qu'ils jugeaient nécessaire afin de les faire bénir au cours de l'office religieux. Il était de bon aloi d'emporter aussi de l'eau pour la faire bénir à la chapelle ou même du sel qui, une fois béni, pouvait servir à repousser le mauvais sort. A la fin de la cérémonie, la population consommait une partie de ces galets bénis, les autres étant réservés à leurs animaux. On leur prêtait, comme toujours actuellement, des vertus médicinales. L'on disait également que ces galets, une fois bénis, avaient la particularité de ne jamais gâter. Tout qui consommait ces succulents « galets » était assuré de ne jamais souffrir de maux de ventre durant l'année à venir. Gens et animaux en mangeaient donc sans modération ! Des galets avou ostant d'souc' qui d'bourre ! Après ces pieuses intentions, les populations accourues de partout participaient aux diverses festivités organisées au cours de la kermesse qui s'ensuivait. Celle-ci se terminait très souvent dès potron-minet. L'hospitalité des habitants du village était mythique, des tables restaient dressées pendant la journée ainsi que durant une bonne partie de la nuit. Outre les galets bénis, on pouvait également déguster les délicieuses tartes confectionnées par les habitants mais également se rafraîchir au moyen de quelques bonnes rasades de «gouttes» Durant de nombreuses années les festivités relatives à la bénédiction des galets débutaient par une soirée dansante organisée le samedi soir au café « Le Moulin du diable » situé à Quarreux. Ce bal attirait lui aussi de nombreuses personnes venant de partout alentour. Il fallait bien souvent réserver une table bien à l'avance pour être assuré de participer aux réjouissances. Lors de ces bals, l'on fredonnait très souvent un petit couplet un rien irrévérencieux :
« Saint Antoine avait un cochon,
Si de nos jours la tradition des galets perdure, elle n'est guère plus le reflet des festivités d'alors et les galets ont perdu leurs particularités d'antan. Cependant cette tradition a le mérite d'encore exister grâce au dévouement de quelques personnes visant à garder, voire même à améliorer d'anciennes coutumes villageoises. Il est difficile cependant de connaître la raison de la disparition progressive de ces allégresses mais l'on peut, par exemple, relever dans un article paru au journal «La Meuse» de janvier 1988 le fait que certains pèlerins passaient saouls à l'offrande, probablement trop chargé de «gouttes»
Saint Antoine, Prédicateur populaire Ce chanoine
parfois nommé "Saint Antoine du désert" ou "Saint Antoine
le Grand" ou bien encore "Saint Antoine
Abbé"
se fit franciscain pour endurer le martyre dans le désert avant
d'échouer sur les côtes italiennes : c'est alors que son talent pour
la prédication se manifesta et qu'il devint si célèbre. Suivirent
des textes de prières liées aux différents lieux de culte du saint :
litanies, neuvaines, treizaines, etc. Il faut cependant noter
l'existence de confusions multiples avec St. Antoine de
Padoue et les textes existants sont parfois très contradictoires à
ce sujet.
Pourquoi prier Saint
Antoine ?
Ne serait-il là que pour faire retrouver les objets perdus ? Pourquoi Saint Antoine et son cochon ? D'origine noble, ce jeune chrétien avait fait le vœu de devenir ermite et se retira dans le désert. Il dut subir l'assaut d'horribles tentations qu'il repoussa néanmoins victorieusement. L'esprit du mal qui le tenta prit plusieurs formes notamment celle d'un cochon. Mais Saint-Antoine ne succomba pas, rendant ainsi au cochon sa paisible nature. Saint-Antoine fit donc du cochon son fidèle compagnon.
© Jacques Schoumakers 2004
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