Odile PAGNOUL,
issue d'une famille de 10 enfants, est née à Ans le 9 mai 1895.
Alors qu'elle était en service chez un avocat liégeois possédant
une seconde résidence à Sougné, elle y venait en vacances chaque
année avec ses patrons. C'est de cette manière qu'en 1921, Odile fit la connaissance d'un voisin tout
proche, Lambert NEUFORGE, issu d'une famille de 6
enfants. Il n'est nul besoin de
préciser qu'une relation amoureuse s'établit rapidement entre
eux. Ils convolèrent en justes noces à Ans le 23 mars 1924.
Son
époux Lambert était cantonnier communal à Sougné. Odile
travailla aussi quelques années en qualité de femme de chambre à
l'hôtel Bonhomme de Remouchamps. Le couple
était établi rue Racasse à Sougné mais Lambert décéda très
jeune, le 13 juin 1951. Il était âgé de 56 ans. Son épouse Odile
était très connue dans le quartier où la majorité de ses voisins
et amis avaient coutume de l'appeler “bobonne”
Deux garçons
naquirent de cette union, François, uni avec Anne-Marie NATALIS
et Georges, uni avec Andrée DESSY. Le second couple n'a jamais
eu d'enfants tandis que François et Anne-Marie donnèrent
naissance à quatre enfants dont mon épouse Renée. Nos deux
enfants ont à leur tour donné naissance à un garçon pour ma
fille et à une fille pour mon fils, permettant ainsi à Odile
d'avoir le privilège d'être arrière arrière-grand-mère.
La grand-mère de
mon épouse a toujours été une dame très active et très joyeuse
malgré un caractère très prononcé. Lorsque nous étions en
famille ou lorsqu'elle se rendait aux fêtes des pensionnés,
chacun demandait à Odile de chanter quelques petits “couplets”
dont sa chanson préférée : “La chemise”
A l'âge de 77 ans,
elle partit vivre quelques mois au Zaïre où travaillait son fils
François mais au bout de quelques mois, la nostalgie de son
petit village de Sougné se fit très vite ressentir à tel point
qu'elle dut reprendre seule l'avion pour la Belgique. Il n'était
pas possible à son fils de quitter son travail pour la
raccompagner.
Son autre fils Georges était venu l'attendre à
Zaventem mais suite à des circonstances atmosphériques
particulières, l'avion dut se poser sur le tarmac de l'aéroport
de Paris d'où elle fut ramenée à Bruxelles en autocar. Odile
était très en colère suite à ce contretemps et lorsque l'hôtesse
du car montra la tour Eiffel aux passagers, notre brave dame lui
tourna résolument le dos, refusant de la regarder. “Tans pis”
dira-t-elle par la suite !
Décédée le 5 avril
1998 à Sougné, doyenne de la commune, Odile PAGNOUL avait 102 ans. Un
mois plus tard, elle aurait eu 103 ans. Ainsi va la vie.

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