|
A Aywaille, la Heid des Gattes mène grand bruit. Mais à Aywaille, les élus changent souvent d'avis en passant du noir au blanc !
A tel point
qu'on pourrait dénommer le site par l'appellation "Heid des Gaffes"
Situés entre les localités d'Aywaille et de Sougné,
les rochers constituant la réserve naturelle de la Heid des Gattes
sont sujets à bien des polémiques. En date de ce jour, 24 janvier
2005, les choses sont encore loin de trouver une issue qui soit
favorable à l'une ou l'autre des parties mises en cause.
J'ai constitué un épais dossier relatif à cette problématique grâce
à plusieurs documents qui m'ont été envoyés par quelques unes des
parties concernées. Je souhaitais étayer davantage ce dossier; des
coupures de presse et autres archives m'ont aidé à y parvenir. Et
Dieu sait si on entend et si on lit bien des choses afférentes à
cette épineuse “affaire” Ces choses étant parfois très
contradictoires selon les sources d'où elles émanent.
Dans un premier temps, j'avais pensé à publier et à expliciter
toutes les tournures de cette controverse, m'appuyant sur les divers
documents en ma possession. Après mûre réflexion, j'ai jugé plus
opportun de ne pas le faire dans le sens où il est bien difficile de
rester impartial. De plus, il ne m'appartient pas de révéler des
particularités qui risqueraient d'irriter certaines des
parties en cause dans cette confrontation entre les autorités
communales et les défenseurs de la nature.
On peut cependant se poser la question de savoir où commence et où
s'arrête le bon sens. En effet, à l'heure actuelle le site ne
profite qu'à une poignée de scientifiques. Dans quel but ? Est-il
bien raisonnable de laisser à l'abandon une route pouvant servir de
voie de délestage pour tenter de désengorger le centre de la
localité d'Aywaille ? A chacun donc de se forger sa propre opinion.
Si la route doit être rouverte, il faut davantage sécuriser la falaise en
dynamitant les endroits les plus dangereux. C'est le souhait des élus locaux. Par contre, les associations de défense de la
nature refusent catégoriquement ces pratiques, prétextant qu'elles
risqueraient de détruire à jamais la faune et la flore
particulières, dit-on, à cet endroit.
La Heid des Gattes abrite une plante que l'on dit endémique : la
joubarbe d'Aywaille. Est-elle, comme certains l'affirment,
uniquement présente à Aywaille ? Rien n'est moins sûr.
Selon des membres de certaines associations il y a très peu de
risques d'éboulements, voire même aucun. Cela les arrange bien
évidemment d'affirmer des choses qu'ils ne sauraient
scientifiquement pas prouver. D'autre part, ces associations usent
de ce prétexte afin de tenter d'enrayer le dynamitage des parois
dangereuses. Cela dit, il n'est pas du tout recommandable de
s'aventurer en ces lieux. C'est bien évidemment
pour cette raison que l'administration communale d'Aywaille a pris
la sage décision d'en interdire l'accès.
Pas de dynamitage de la falaise signifie pas de réouverture de la
route mais il serait
pourtant opportun de tenter de trouver rapidement une solution. Il y
va de nos deniers.
Un peu d'histoire locale. Reportons-nous quelques décennies en plus tôt. En
1944, plus exactement. Les localités d'Aywaille et
de Sougné-Remouchamps sont des communes à part
entière. Henri SAIVE est à ce moment suppléant
d'Alphonse DECELLE, mayeur de Sougné-Remouchamps. Ce
dernier ayant démissionné de ses fonctions suite à
de graves ennuis de santé. La Commission des
naturalistes liégeois demande à l'administration des
Eaux et Forêts de soumettre au régime forestier une
parcelle de terrain, d'une surface de 8ha 11a 54ca,
située entre les carrières de la Falize et de
Goiveux.
Sept
années plus tard, l'asbl ARDENNE et GAUME manifeste
son intention de louer le site par bail
emphytéotique. Cette demande s'appuie sur des
arguments scientifiques visant à préserver la faune
et la flore particulières à ce site. Le 22 mars
1951, sous le mayorat de Joseph LIBERT, le Conseil
marque son accord à cette demande. Ensemble, les
deux parties vont trouver un terrain d'entente afin
d'établir les modalités relatives au projet de ce
bail.
Notons
au passage le fait qu'un Arrêté Royal daté du 29 mai
1952 «classe» le site en raison de sa valeur
esthétique et scientifique.
Le 10
juillet 1953 monsieur Raymond MAYNÉ, alors président
de l'asbl ARDENNE et GAUME, signe avec les autorités
communales de Sougné-Remouchamps la convention de location du site pour
une durée de 99 ans. Le notaire KAISIN de
Louveigné acta les faits.
Quelques
citations :
Les
archives communales de Sougné-Remouchamps nous
apprennent qu'en date du 23 février 1951 : «... le
conseil marque son accord sur la proposition de
classement du site ... préalablement à la
prise en location par l'asbl ARDENNE et GAUME
...»
L'éditorial de la revue ADOXA, dans son fascicule
43-44 daté de juin 2004 dit :
Ces
textes prêtent à penser que l'asbl ARDENNE et GAUME
était demanderesse de la «mise en réserve» du
site de la Heid des Gattes mais ARDENNE et GAUME,
prétend le contraire dans l'un de ses communiqués de
presse :
Nous sommes
donc face à un dilemme qui n'est pas le premier
et qui est fort probablement loin d'être le dernier.
Cela dit, l'inauguration officielle de la Réserve
Naturelle de la Heid des Gattes a eu lieu en grandes
pompes le 27 septembre 1953. Fanfare, réceptions et tout
le toutim étaient de la partie.
Jadis, l'on pouvait aisément lire au
bas du grillage :
Située sur la
route du Halage côté Sougné, cette petite chapelle érigée en
l'honneur de Sainte Barbe la patronne des carriers, est constituée d'une niche sur pilier
construit en moellons de la région. Elle fut placée à cet
endroit en 1927, venant ainsi en remplacement d'une croix en bois portant un Christ
métallique. Elle aurait été érigée en mémoire d'un père,
probablement carrier, et de sa fille, qui furent foudroyés
en prenant ensemble l'humble repas apporté par cette
dernière.
L'ancienne carrière de la Falize, située sur la rive droite de
l'Amblève.
La Falize, étymologie : Issu du francique " falisa " qui, en
passant par le normano-picard, a donné " falaise " en
français. Du côté allemand, de " feliso " le terme a donné "
fels ", le rocher (LAROUSSE 1964). En wallon, on rencontre
les graphies " falize ", " falise ", " falhî ", " falhez " (prov.
de Liège, Namur), " faliche " (prov. de Hainaut) et les
dérivés " falhoulle " (petit rocher) et " falisolle ".
Revenons à nos chèvres.
Les réserves
naturelles gênent. C'est du moins ce qu'écrit M. Maurice COSSEY,
président de l'asbl "Terre Wallonne" Avec son
autorisation, voici la reproduction partielle d'une
lettre qu'il m'a transmise :
Dans cette affaire, les riverains et autres
habitants de la commune sont laissés dans l'ignorance totale par
chacune des deux parties en contradiction. Tous ces
atermoiements ont déjà engendré des dépenses considérables et
c'est loin d'être terminé. Les contribuables vont encore devoir
contribuer, soyons-en bien conscients. Si l'administration
communale d'Aywaille doit ester en justice ou bien encore si
elle doit se voir traîner dans d'interminables tergiversations
afin de contrecarrer les attaques des parties adverses, les
caisses communales vont en pleurer. Et peut-être durant
longtemps.
Un référendum organisé au sein de la
population d'Aywaille permettrait pour le moins de connaître
l'avis des citoyens. Il reste à espérer que les
associations de défense de la nature revoient davantage leurs
points de vue sur l'utilité de s'obstiner à vouloir fermer ce
site. Ou alors elles doivent tenter de nous convaincre à garder
le site intact et à ne pas rouvrir la route mais il
leur faudra de solides arguments si elles veulent espérer y
parvenir.
Un point névralgique : le centre d'Aywaille.
Depuis plusieurs années, à certaines périodes et à certains moments
de la journée, le centre d'Aywaille est un véritable point
névralgique engendré par l'afflux de la circulation routière.
Certains jours, l'on estime le passage de ± 10.000
véhicules. Si quelques problèmes ont été en partie résolus (la
délocalisation de l'emplacement des arrêts de bus) il reste
énormément de travail à effectuer. Mais voilà, ce n'est pas
lorsqu'on est le nez dans les problèmes qu'il faut adopter des
solutions hasardeuses pour se tirer d'un mauvais pas.
Il eut été plus judicieux de se pencher davantage sur cette
problématique avant qu'elle se manifestât. C'était là l'une des
responsabilités afférentes aux
précédentes autorités locales.
Certes, des alternatives de délestage existent et commencent à
sortir des cahiers d'étude de leurs concepteurs mais elles
paraissent bien illusoires, voire utopiques, face à la réalité des choses. Si les
options retenues voient le jour, rien n'est moins sûr de prétendre
qu'elles seront efficaces. Les choses sont allées bien trop loin et
il est maintenant très (trop) ardu de mettre une solution sur
pied. Gageons qu'il coulera encore bien de l'eau sous le pont
d'Aywaille avant que les aqualiens coulent des jours paisibles. Bien
au contraire, ils sont au devant d'un véritable capharnaüm qui va
les emberlificoter probablement pour longtemps. Pendant ce temps,
les autorités communales ne sont-elles pas occupées à s'enliser dans de profonds
marécages. ?
Autre sujet à polémiques : le camping de
Dieupart.
Situé au pied de la falaise de la Heid des Gattes cet endroit est,
lui aussi, sujet à bien des polémiques en rapport avec la réouverture de la
route. Ce camping vient de recevoir un refus de permis d'environnement émanant
de la région wallonne. (Arrêté ministériel du 10/12/2004 du Ministre
Benoît LUTGEN)
Gageons que cette décision fera couler beaucoup d'encre dans le sens
où d'autres campings situés ailleurs dans la commune sont établis
dans des conditions semblables. Si ces décisions doivent être mises
en application, elles doivent impérativement être appliquées de la
même manière pour tous les
Le château de
Dieupart devrait donc se trouver complètement isolé
si l'on doit enlever toutes les caravanes
et résidences présentes alentour. Quid des autres
campings situés dans la région ?
Les derniers rebondissements :
Comme écrit plus haut, la gestion du site de la Heid des Gattes
avait été confiée sous le couvert d'un bail emphytéotique à la
société “Ardenne et Gaume” Fin mars 2005, les parties en
contradiction se retrouvaient devant la Justice de Paix du canton de
Sprimont où la décision fut prise de résilier ledit bail aux torts
de l'association précitée. Cette dernière fut mise en demeure de
libérer immédiatement le site de tous occupants et pancartes sous
peine d'une astreinte de 1000 euros par jour. Toute la procédure de
dynamitage des parois dangereuses peut ainsi être relancée. Bien
évidemment, la société “Ardenne et Gaume” ne compte pas en demeurer
là puisqu'elle affirme “aller en appel” Gageons qu'il sera difficile
de revenir en arrière de cette décision du juge.
En l'An de grâce 2010, il semblerait
que les deux parties adverses aient rétabli un dialogue afin de
tenter de trouver une solution.
D'autres précisions sur le site
MOLIGNEE - ECOLOGIE
©
Jacques Schoumakers (2004-2010)
|