La généalogie est un hobby à part entière comme tant
d’autres, cependant pour certaines personnes encore, elle semble obscure et
difficile d’atteinte. Elle est pourtant simple d’accès et est une porte
ouverte vers le monde d’autrefois mais aussi vers les temps modernes.
La
généalogie ne doit pas être l’apanage, comme elle le fut pendant
longtemps, d’une certaine catégorie de gens aisés, d’une certaine caste.
Grâce à l’augmentation du niveau culturel et des
temps de loisirs, les généalogistes amateurs sont de plus en plus nombreux.
La généalogie est selon moi une discipline, une science même, ayant pour but
celui de rechercher l’histoire des différents membres d’une famille au cours
des temps passés et aussi celui d’établir avec certitude les filiations
existant entre chaque membre de cette famille. En d’autres termes l’on
pourrait dire que la généalogie, c’est également chercher son passé, se
chercher soi-même, puiser au plus profond de soi des choses ayant paru
insignifiantes à une certaine époque de notre vie. C'est aussi une façon de
s'inscrire dans le temps.
C’est aussi un moyen de mettre en comparaison des
mœurs et des environnements de vie fondamentalement différents de ceux, pas
toujours enviables, dans lesquels nous évoluons à notre époque actuelle. La
généalogie permet de connaître ses ancêtres d’une façon différente de l’idée
que l’on se fait d’eux, au travers de certaines vieilles photos jaunies,
rangées au fond d’un tiroir.
L’arbre généalogique doit faire rêver, il doit
permettre de redécouvrir les choses d’autrefois, les vraies valeurs de vie.
Le temps consacré à son élaboration doit apaiser l’esprit, faire oublier
quelques instants les agitations inutiles de la vie moderne. Ce hobby est
accessible à tous, sans qu’il soit nécessaire d’y consacrer de fortes sommes
d’argent. Les recherches généalogiques doivent être un loisir, un
divertissement. Elles ne doivent pas être l'objet d'une compétition. Il ne
s’agit pas de mettre en parallèle avec d’autres, le nombre d’ancêtres
effectivement retrouvés, ni l’époque la plus lointaine à laquelle l’on est
remonté. La généalogie perdrait ainsi la richesse de son caractère.
Faire sa généalogie réclame avant tout d’adopter une
méthode de recherche personnelle et de lui appliquer ordre, patience et
précision. Le résultat final dépend de tous ces paramètres. Nos ancêtres
méritent aussi beaucoup de respect, sans eux nous ne serions pas là ! Ne
leurs demandons pas d’être différents des membres de notre génération, nous
devrons les accepter tels que nous les découvrirons, avec leurs qualités
mais aussi avec leurs défauts, quels qu’ils fussent. Lorsque l'on consacre
un peu de temps à la généalogie, l'on finira tôt ou tard, par lui consacrer
beaucoup de temps. Quelle merveille alors de pouvoir transmettre à sa
propre descendance une histoire de famille la plus complète possible, fruit
apporté par de longues et patientes recherches à travers le temps !
SIMILITUDES
Le chercheur enquêtant au sujet des ses ancêtres aura
tôt fait de découvrir des similitudes ou des particularités le reliant lui,
ou un membre de sa famille, à l’un ou l’autre de ses aïeux. Si l’un de vos
ancêtres avait un entrain prononcé envers un métier particulier, quoi de
plus naturel de rencontrer cet attrait pour le même métier par l’un de ses
descendants ? Il n’est pas chose rare de rencontrer chez une personne, une
ressemblance à tous points de vues, physique comme caractérielle, parfois
extraordinaire, avec un aïeul ayant vécu deux cent ans auparavant et dont on
aurait connaissance de ses particularités par les générations qui l’on
suivit. Il faut avoir à l’esprit le fait que personne ne choisit ses
ancêtres, il faut accepter les ressemblances que l’on peut avoir avec
certains d’entre eux, fussent-elles nobles ou pas.
POURQUOI
" FAIRE SA GÉNÉALOGIE ? "
Parler
de ses ancêtres, rechercher leur mode de vie, n’est-ce pas quelque part
les faire revivre un peu ?
Outre le fait de mieux connaître ses ancêtres, il est
possible par la généalogie, d’éclaircir certaines situations obscures
pouvant persister au travers du temps en matière d’héritage familial par
exemple. La généalogie peut être un secours lorsqu’il s’agit de valider ou
pas certains testaments, dans le but de régler le cas échéant, des
malentendus ou des désaccords familiaux, susceptibles d’avoir défavorisé des
héritiers potentiels. S’il subsiste un doute relatif à la légitimité d’une
personne, la généalogie peut aussi venir en aide afin d’établir les
filiations existantes ou pas entre individus. Des applications de la
généalogie se retrouvent aussi en médecine lorsqu’il s’agit de tenter de
déterminer la nature et l’origine de certaines maladies rares. Dans la
Bible, « Évangile selon Mathieu, Chapitre premier, Versets 1 à 17 », l'on
découvre une trace très lointaine de généalogie, en l'occurrence le célèbre
arbre de Jessé.
Tenter de retracer ses origines permet de constater,
au travers du temps, la disparition totale de certaines « lignées »
patronymiques. D’autres, au contraire se renforcent, s’élargissent. Au fil
des siècles, des familles aisées deviennent pauvres et vice versa. Le
chercheur devra aussi s'en accommoder et accepter toutes les « tournures »
qu’a pu prendre la vie de ses ascendants. L’on ne réécrit pas l’histoire et
la généalogie ne permet pas d’espérer avoir des ancêtres « à la carte » Les
milieux, les races et les origines se mêlent sans répit au travers du temps
qui passe. Sachons donc exploiter toute la diversité de ces richesses
culturelles pour agrémenter notre arbre familial.
JUSQU'A QUAND REMONTER ?
Le plus loin possible bien entendu. A moins qu’il
soit de source noble ou bourgeoise, ce qui permet de remonter parfois très
loin dans le passé, le chercheur arrêtera généralement ses découvertes vers
la moitié du 17è siècle, faute de documents existants. J’ai utilisé le mot
« généralement » car il est possible pour certains patronymes de remonter
au-delà cependant, il faut avouer la rareté de cette possibilité. Lorsque
l’on arrive à pareille époque, quoique puissent en dire certaines personnes,
on est le plus souvent confronté à d’hypothétiques filiations qu’à de vraies
certitudes. Concernant mes recherches personnelles, je préfère les arrêter
là où j’ai la certitude d’avoir des renseignements exacts, réels, plutôt que
vouloir y ajouter l’une ou l’autre branche familiale dont je ne puis prouver
la filiation réelle avec ma famille. Au-delà d’une certaine époque la
confusion entre les noms, surnoms et sobriquets est tellement grande qu’il
n’est plus possible d’agir avec certitude. Remonter son ascendance aux
alentours du 17è siècle relève déjà d’un exploit. Et peu de chercheurs
arriveront à ce stade.
Le Mulet se vantant de sa Généalogie
Le Mulet d'un prélat se piquait de noblesse,
Et ne parlait incessamment
Que de sa mère la Jument,
Dont il contait mainte prouesse :
Elle avait fait ceci, puis avait été là.
Son fils prétendait pour cela
Qu’on le dû mettre dans l’Histoire.
Il eut cru s’abaisser servant un Médecin.
Étant devenu vieux, on le mit au moulin.
Son père l’Âne alors lui revint en mémoire,
Quand le malheur ne serait que bon
Qu’à mettre un sot à la raison,
Toujours serait-ce à juste cause
Qu’on le dit bon à quelque chose.
(Jean de la Fontaine)
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