La première gare de la ligne 42 : Martinrive.

Lors de la construction de la ligne 42, la première gare située sur la ligne fut la gare de Liotte. Celle-ci n'étant pas située sur la commune d'Aywaille, nous ne la décrirons pas. Quant à la première gare bâtie sur le territoire de l’entité d’Aywaille ce sera la gare de Martinrive, construite dans le même style que les autres situées sur le parcours de la ligne. Le plus souvent, ces ouvrages d'art étaient construits en moellons de grès et de calcaire issus des carrières alentour.

D’une manière quasi générale, les gares construites le long de la ligne 42 desservaient des villages bien souvent situés à plusieurs kilomètres alentour. C’était le cas de la gare de Martinrive, petit village comportant alors très peu d’habitants. Y venaient prendre le train, les habitants de Chambralles et de Rouvreux mais également les nombreux ouvriers engagés dans les diverses carrières avoisinantes. Un passage souterrain permettait de traverser les voies. Il fut supprimé en 1954.

Au-delà du transport des voyageurs, la gare de Martinrive connaissait une activité intense au niveau du transport des marchandises émanant des carrières toutes proches : sable extrait des forêts environnantes, pavés et moellons en grès, pierres de tailles et bois constituaient les principaux matériaux à transporter. Toutes ces activités de manutention se pratiquaient sur la cour aux marchandises, celle-ci étant constituée de trois voies accessoires aux deux voies principales. L’une d’entre elles était équipée d’un pont utilisé pour le pesage des wagons à marchandises.

La cour à marchandises attenante à la gare de Martinrive possédait des raccordements vers les carrières de Florzé, de Hagoheid et de Raborive. Tout comme les carrières de Florzé, les carrières de Raborive possédaient leur propre matériel ferroviaire à savoir, locomotive et wagons. Durant quelques dizaines d'années, les activités d'extraction et de traitement de blocs de pierre de toutes natures étaient très intenses et a fortiori, elles étaient génératrices de nombreux emplois.

Ci dessus, une vue de la gare de Martinrive au tout début des années 1900. En dessous, vue de la même gare avec la construction du pont de Martinrive, vers 1935.

 

Ci-dessus, le raccordement vers la S.A. des Carrières de Florzé (1905-1906) et ci-dessous, la liaison entre la cour à marchandises et les carrières de Raborive (Photo 1905) On découvre à droite la route reliant Aywaille et Comblain.

Le 13 mai 1931, la gare est transformée en halte. Plus aucun service n'est offert à la clientèle et les quelques rares voyageurs devaient alors prendre leurs titres de transport sur le train.

En 1958, faute de voyageurs, les guichets de la gare de Martinrive furent définitivement clos mais il subsistait encore quelques voyageurs possédant des abonnements qu'il fallait renouveler périodiquement. La gare étant fermée, le local de la lampisterie fut quelque peu aménagé afin de permettre à un agent dépendant de la gare de Rivage de venir y distribuer ou renouveler les divers abonnements. Cette manière de pratiquer était appliquée dans plusieurs gares du pays lorsqu'on les désaffectait.

Le 1 août 1961, faute d'activité rentable, la cour aux marchandises est définitivement fermée. Les wagons chargés de produits des carrières de la Belle Roche et de Hagoheid seront acheminés en gare d'Aywaille afin d'y être pesés et triés selon leur destination.

Déraillement d'un train de marchandises, le 28 novembre 1911, à Martinrive.

Une anecdote.

J'ai connu Jacques STERCK, un joyeux drille avec lequel j'ai partagé quelques années au centre routier SNCB de Liège. Jacques, tel que je l'ai connu, n'a jamais détesté lever le coude droit à l'horizontale. En 1961, notre ami était en fonction en gare de Rivage en qualité de porteur d'avis. Entre autres tâches, on lui confia la mission de venir renouveler les abonnements tous les samedis en gare de Martinrive. Tout au plus dix ou douze abonnés se présentaient à lui chaque semaine.

Déclinant de plus en plus, le nombre d'abonnés était tel que les nombreuses heures d'inoccupation de Jacques lui pesaient lourd. De son propre chef mais à l'insu de son chef immédiat, il prit la décision de transposer son "bureau" dans les locaux du "Café Noël" situé très près de la gare. Pour reprendre ses propres mots, il jugeait ce travail «agréable mais surtout confortable» Bien évidemment, sa prestation ne dura pas très longtemps. Les seuls et rares "clients" qu'il lui restait furent conviés à se rendre en gare de Rivage pour les renouvellements de leurs abonnements.

Gare de Martinrive, vers 1962. Le début des travaux de démolition de la gare date du 24 mai 1982 cependant, en date du 10 juin 1983, le collège échevinal d'Aywaille avertissait la SNCB du fait de l'insécurité causée par un chantier qui n'était pas encore achevé. Les travaux se sont ainsi étalés sur plus d'un an.

 


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