La seconde gare de la ligne : Aywaille, l'une des plus importantes.

La gare d'Aywaille fut mise en service le 20 janvier 1885 lors de l'inauguration du premier tronçon de la ligne 42. Elle figurait, jadis, parmi les gares les plus importantes de la ligne en raison de l'intensité du trafic des voyageurs mais aussi grâce aux nombreuses activités commerciales dépendantes du transport par rail. A la belle époque, Aywaille était entourée par de nombreuses carrières et exploitations forestières. Beaucoup de pages pourraient être écrites afin de relater toutes ces activités mais ce n'est pas le but du présent travail.

Les entrées et sorties des trains en gare se faisaient à voie unique cependant, deux voies principales traversaient les installations. Outre ces deux voies, 5 autres voies accessoires étaient utilisées pour les différentes manœuvres de triage, de pesage et de chargement des wagons à marchandises. Une voie était attribuée au "raccordement VINCENT" sur laquelle on garait les wagons de charbon destinés à ce commerçant d'Aywaille mais également aux marchands LAGASSE, aussi d'Aywaille, et GILLARD de Harzé.

L'une des particularités de la gare était un raccordement extérieur avec la carrière de Grand'Heid, située environ 1 kilomètre plus loin, sur la route de Harzé.

Deux voies étaient équipées d'un pont à peser les wagons. L'un était placé sur le raccordement venant de Grand'Heid et l'autre situé sur la voie donnant accès à la rampe de chargement des wagons. Les diverses activités de chargement et déchargement des marchandises ainsi que  les manœuvres des wagons étaient génératrices de main d'œuvre. La carrière de Grand'Heid amenait ses marchandises principalement constituées  par des moellons de parement et des pavés et bordures de grès pour la construction des routes. Cette voie fut définitivement supprimée durant l'année 1960. La carrière de Grand'Heid se concentra alors essentiellement sur la production de ballast qu'elle acheminait par camions vers la gare. Ces pierres étaient principalement destinées  pour les besoins la SNCB et des chemins de fer néerlandais.

Aywaille, la gare
La cour aux marchandises en 1906.

Après la suppression des activités sur la cour à marchandises de Martinrive, les pierres extraites des carrières de la Belle Roche et de Hagoheid furent amenées par wagons en gare d'Aywaille afin d'en effectuer le triage et le pesage. Notre région étant entourée de vastes forêts génératrices de travaux de bûcheronnage, elle fournissait du bois amené en grande quantité sur la cour aux marchandises d'Aywaille. Après le pesage et le triage, les wagons étaient acheminés en gare de Rivage ou ils étaient répartis selon leurs destinations, vers le Luxembourg ou vers Liège et au-delà.

 

Aywaille, la gare

Ci dessus, au centre de l'image, le raccordement vers la carrière de Grand'Heid. (Vers 1905)

Ci-dessus, au sortir de la gare d'Aywaille, la voie ferrée débouchait sur le côté droit de la rue vers Bastogne.

Aywaille

Rue du Chalet, vue partielle du raccordement entre la gare d'Aywaille et la carrière de Grand'Heid. A l'arrière plan, on remarque l'ancien moulin Humblet. (Photo 1905) Ce raccordement fut réalisé en 1901. D'une longueur approximative de mille mètres, la voie traversait la rue du Chalet, quelque peu plus en amont de l'endroit illustré ci-dessus.

 


Vue de la gare en 1937. Sur le trottoir on aperçoit l'aubette à journaux qui, plus tard, fut déplacée à l'intérieur de la salle d'attente. A droite de l'image on découvre un petit local destiné aux poseurs de voies et le magasin aux marchandises.

 

Aywaille


Cette photo réalisée en 1940 représente une vue d'ensemble des différents bâtiments et locaux composant les installations d'Aywaille. A gauche sur la photo, on découvre le magasin aux marchandises. Attenante au bâtiment principal, la salle d'attente  de la gare comprenait un local destiné aux appareillages du télégraphe, équipés d'un matériel pour la transmission en Morse. Cette salle comprenait aussi une cabine de téléphone public ainsi qu'une aubette à journaux ouverte aux heures de pointe. On y vendait également des friandises de toutes sortes ainsi que des produits et articles pour fumeurs.

Le bâtiment principal, formant bloc avec les autres locaux, était composé du bureau d'accueil des voyageurs et du bureau de gestion commerciale de la gare. Retranché dans le fond de ce bureau, on apercevait une partie du "Block 2" comprenant tout l'appareillage (leviers et contrepoids) destiné à manœuvrer les différents postes d'aiguillages. A l'étage de ce bâtiment se trouvaient les appartements habités par le chef de gare et sa famille.

Sur la partie droite de la photo, on aperçoit le local des bagages et des vélos, la lampisterie et le local des toilettes. Face à la gare, le long de la voie descendante, se trouve l'abri pour les voyageurs se rendant vers Liège. Il n'est pas visible sur cette photo. En 2006, cet abri subsiste encore quasi dans le même état qu'en 1940.


Vue du magasin aux marchandises en 1998, quelques jours avant sa démolition.

Le magasin a connu une activité très intense dans divers domaines. Sur une voie longeant le mur côté quai se trouvait en permanence un wagon citerne appartenant à la société LERUSE dont les bureaux étaient situés de l'autre côté de la rue. Ce wagon était destiné aux approvisionnements en gasoil de chauffage.

Jusqu'à fin 1997, le transport des colis représentait également un trafic important. Parmi les nombreux clients acheminant leurs colis en gare d'Aywaille, on notait la clouterie Yvens-Decroupet de Harzé, les éditions HEMMERLIN de Chevron, spécialisées dans l'impression des livres pour enfants, le laboratoire UNDA de Harzé qui expédiait de nombreux colis de médicaments homéopathiques, le magasin SITAM d'Aywaille pour ses pièces détachées destinées à l'automobile, les Ets. LELOUP pour l'import-export des tronçonneuses, etc.

A certaines époques de l'année, il était fréquent de voir les nombreux colis remplir quasiment l'entièreté de la salle d'attente et entièrement le magasin. Des remorques vides étaient amenées journellement du centre routier de Liège-Guillemins. Elles étaient destinées à pallier au manque de place pour l'entreposage des colis. Un, voire deux camions venaient les enlever en fin de journée.

Malheureusement, tout ayant une fin, ces activités ne dépendent plus de la gare d'Aywaille et si, en date d'aujourd'hui, on y délivre encore des titres de transport pour les voyageurs, nul ne doute que cette activité se trouve sur le fil du rasoir.


La gare et la place en 2002.

La gare fut entièrement rénovée entre 1996 et 1998. A l'emplacement de l'ancienne cour aux marchandises se trouve un vaste parking sur lequel se déroule le marché hebdomadaire du samedi. Une petite gare vicinale a vu le jour en 1999 à l'emplacement de l'ancien magasin aux marchandises. Elle permet, entre autres avantages, de désengorger quelque peu le centre de la localité.


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©  2006 Jacques SCHOUMAKERS