Gare de Liège-Guillemins : la charpente métallique

La construction de la charpente métallique était initialement prévue pour une durée de trois ans mais ici également, l'évolution des travaux accuse un certain retard. Sans trop de précisions, l'on avance la date d'ouverture de la gare pour 2007. Si les quais et  toutes les constructions extérieures sont principalement constitués de béton blanc, la charpente de recouvrement  vitrée sera constituée d'environ 10.000 tonnes d'acier. Elle constitue l'une des principales pièces maîtresses de l'ouvrage.

La charpente est constituée de 4 parties essentielles :

  1. Les deux passerelles larges d'environ 14 mètres, reposent sur des appuis métalliques à 4 pieds, des quadripodes (10 au total) chacun d'entre eux étant posé sur les différents quais. Elles sont distantes l'une de l'autre de 160 mètres.
    3000 tonnes d'acier sont nécessaires pour la réalisation de ces deux ouvrages.

  2.  
  3. La voûte d'une largeur de 73 mètres, pièce maîtresse de la charpente, est composée de 39 arcs distants entre eux d'environ 2 mètres. D'une longueur de 200 mètres pour une hauteur de 40 mètres, elle pèse à elle seule 3500 tonnes d'acier. L'ensemble des arcs qui la compose prend appui sur chacune des deux passerelles.

  4. L'ampleur de cette voûte ne saurait laisser personne indifférent tant elle "en impose"
     
  5. Les auvents, l'un est situé du côté ville et l'autre du côté colline de Cointe. A eux deux, ils pèsent environ 2500 tonnes d'acier. L'auvent fixé du côté ville est le plus grand des deux.

  6. Construits en forme de casquette, leur rôle sera de couvrir les entrées de la gare.
     
  7. Les cinq abris de quais, trois d'entre eux prolongeant la voûte de 200 m pour les 3 quais longs et les deux autres allongeant de 150 m les deux quais courts. Leur construction nécessite 1000 tonnes d'acier.

Lorsque cette énorme ossature métallique sera positionnée sur chacun de ses appuis, le gros œuvre n'en sera pas terminé pour autant. Il devra être recouvert d'une immense  verrière d'une surface de 32300 m², soit l'équivalent de plus de 5 terrains de football. Son entretien nécessitera un système très particulier constitué de rails et de nacelles.


Vue de la charpente métallique en janvier 2006


Les quais, la charpente de la verrière et l'entrée en gare du Thalys allemand ICE

Un système d'assemblage très particulier.

4 palées ont été construites sur le quai N° 1 dans le but de soutenir la plate-forme de montage des différents arcs reliés par groupes de 5. Chaque groupe d'arcs comporte la portion de passerelle à laquelle il est soudé. Si l'on voulait décrire dans les détails la technologie de montage et de déplacement de ces portions de charpente, il faudrait entrer dans des considérations techniques pouvant rebuter plus d'un lecteur et plusieurs pages seraient nécessaires pour le faire de manière correcte. Je ne développerai donc pas ce concept.

On peut néanmoins préciser qu'un système de poussage par vérins est utilisé pour déplacer les arcs déjà construits afin de dégager l'espace sur lequel seront construits l'ensemble des 5 arcs suivants. Les quadripodes de soutien sont construits selon l'avancement des différents poussages. Après la construction et le poussage de 35 arcs, deux d'entre eux seront construits sur place côté ville. Les deux arcs manquants côté colline seront eux aussi construits sur place de même que les deux auvents et les abris de quais.

Il faut souligner l'importance des nombreux paramètres à prendre en considération lors des poussages et principalement les conditions météorologiques qui doivent être adéquates afin de limiter la déformation de l'énorme structure d'acier durant les divers déplacements. Une fois construite, la voûte abritera 5 quais et 9 voies. En date de la rédaction de ces lignes, on estime à un an le retard pris par l'avancement des travaux.


Vue de la voûte posée sur un point d'appui provisoire.

 


Un abri de quai dès potron-minet.

Notons au passage qu'un laboratoire d'études et de tests de colorimétrie relative à la teinte des différents bétons constituant l'ensemble des travaux a été mis en place sur le chantier. Malgré ces tests, on constate déjà des différences de teintes apparentes sur divers éléments. Sur différentes maquettes construites à des échelles variées, des tests très importants ont été réalisés en soufflerie en vue de calculer les résistances et les déformations des différents composants de ce vaste puzzle.

© Jacques Schoumakers (2003-2008)

Retour   Le gigantisme des travaux