Gare des Guillemins à Liège : les différentes phases des travaux.

 

Le chantier relatif à la nouvelle gare et à son environnement est structuré en quatre phases bien distinctes qu'il n'est pas toujours facile de discerner lorsqu'on visite le chantier. Initialement prévus pour une durée de cinq ans, les travaux accusent un certain retard pouvant en partie se justifier par l'ampleur de l'infrastructure à réaliser. De plus, ils ne sont pas exempts d'événements impondérables.

L'édification de la nouvelle gare modifie profondément plusieurs quartiers environnants. Beaucoup d'habitations ont été expropriées et des modifications importantes ont été réalisées au niveau de certaines rues. La construction de cette infrastructure s’organise essentiellement sur trois niveaux: le centre de voyage et le couloir sous voies, les quais et enfin les passerelles.

Les constructions à réaliser sont gigantesques mais aussi particulièrement complexes dans le sens où il s’agit de construire une nouvelle gare sur un site en pleine exploitation, au sein d'un trafic ferroviaire journalier très intense. Il est donc impératif de veiller à la régularité des trains afin de ne pas pénaliser les voyageurs, c’est là un point essentiel.

La première phase des travaux a véritablement pris son envol vers la fin du mois de novembre 2000 par la démolition, côté colline de Cointe, des immeubles expropriés. D'importants travaux de soutènement de la colline ont été réalisés au moyen d'environ 200 pieux sécants de 150 cm de diamètre. Ils constituent l'enceinte du parking comprenant trois niveaux. Cette première phase des travaux comprenait également la construction d'une passerelle provisoire permettant aux piétons de circuler en toute sécurité entre les quartiers de la colline de Cointe et le quartier des Guillemins. Cette passerelle offre également l'accès aux différents quais desservis par les trains voyageurs.

Côté rue Varin, ou plus exactement côté ville, les travaux relatifs aux fondations des différentes structures de la gare ont également vu le jour durant cette première phase. Ces travaux consistaient aussi à réaliser la construction de trois nouveaux quais et du mur de soutènement. La construction d'un bassin d'orage sous le premier quai et l'aménagement d'un passage central souterrain destiné aux voyageurs ont aussi été réalisés dans le cadre de cette première phase, de même que la pose des 5 premières nouvelles voies.

La seconde phase a pour but principal l'aménagement des voies et aiguillages situés du côté Ans. L'entrée en gare des trains arrivant de Bruxelles est rendue complexe par la courbure des voies et les nombreux croisements qu'elles comportent, ceci ayant pour principal inconvénient de limiter la vitesse à cet endroit. Rappelons, comme décrit dans la première partie de ce document, la forte déclivité des voies posées sur le plan incliné situé entre Liège et Ans qui  n'arrange en rien le passage des trains.

C'est donc pour cette raison qu'il était impératif de reculer la nouvelle gare d'environ 150 mètres vers Angleur. Ces travaux d'aménagement offriront la possibilité aux trains venant de Bruxelles d'entrer en gare à une vitesse avoisinant les 100 km par heure.

Notons au passage, le changement de place de la ligne principale Bruxelles-Cologne qui se trouvera désormais du côté ville au lieu d'être du côté colline.

Ces divers agencements permettront aux trains à grande vitesse (TGV) de traverser la gare des Guillemins via un parcours nettement plus direct et plus sécurisant. Selon la SNCB, l'axe Bruxelles-Allemagne est fréquenté par plus de 50% de sa clientèle.

La troisième phase des travaux est l'une des plus délicates dans le sens où elle comprendra la construction d'un quatrième quai et l'achèvement de l'énorme structure de la gare. Ces travaux doivent être réalisés entre les nouvelles voies déjà construites et les anciennes voies existantes.

La construction d'un cinquième quai et l'aménagement de la seconde partie du nouveau parking situé au pied de la colline de Cointe constitueront la quatrième phase du chantier.

Il faut ajouter à tout cela, les travaux relatifs au passage sous les voies. Ce passage n'est pas encore accessible au public mais nous pouvons certifier qu'il révèle une architecture immense et futuriste, contemporaine et audacieuse,  où se mêlent harmonieusement les formes, la lumière et les couleurs de l'édifice. Cet endroit est tout simplement grandiose !

Cette description des quatre phases de travaux est bien évidemment très sommaire dans le sens où un exposé beaucoup plus détaillé demanderait davantage de pages pour relater la construction d'un tel ensemble architectural. Il serait alors utile de décrire également toutes les autres infrastructures construites entre Bruxelles et la frontière allemande comme il serait intéressant de relater les futurs objectifs du transport ferroviaire. Ne faudrait-il pas dans ce cas réaliser un site uniquement destiné au développement de ce sujet ?

Quelques mesures et ... démesures.

  • Le chantier s'étend sur une zone ferroviaire d'une longueur de 2,5 Km.

  • La coupole d'acier et de verre aura une hauteur de 40 mètres. Sa construction réclame 10.000 tonnes d'acier et 32.000 m² de vitrage.

  • Le passage sous les voies aura une longueur de 100 mètres pour une largeur de 18 mètres.

  • Chacun des 5 nouveaux quais aura une largeur de 8 mètres.

  • 2 quais auront une longueur de 350 mètres tandis que les trois autres atteindront une longueur de 450 mètres.

  • Les arcs de la voûte s'appuient sur 2 passerelles enjambant les quais. Leur portée avoisine les 160 mètres.

  • Les fondations de la gare sont constituées de 171 pieux forés dans le sol et coulés de béton. Ils ont un diamètre de 90 cm et leur longueur varie entre 13 et 17 mètres.

  • Et tant d'autres chiffres pourraient ici trouver leur place !

© Jacques Schoumakers (2003-2008)

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