L'attribution des tigettes de contrôle sanguin

La Belgique encore une fois à la traîne !

Des pays tels la France, la Suisse ou le Canada ont très bien compris l'importance pour une personne diabétique de bien équilibrer sa glycémie. Un diabète mal équilibré va engendrer à moyen ou à long terme, des complications sévères comme la dialyse ou des amputations. Outre le fait que nous sommes les premiers à subir les conséquences néfastes de ces complications, ces dernières occasionneront des dépenses considérables pour l'INAMI.

Cela dit, encore beaucoup de personnes atteintes de diabète ne cernent pas aisément les conditions à remplir afin de recevoir leurs tigettes de contrôle sanguin. Il fut un temps où l'INAMI n'était pas trop pointilleux sur le nombre de tigettes distribuées. Malheureusement pour beaucoup d'entre nous, les choses ont changé et pas tout à fait dans le bon sens.

Nous savons que toutes les fournitures médicales tout comme les médicaments coûtent relativement cher et nous sommes conscients du fait qu'en matière de soins de santé, il faut éviter certains abus. Cependant, il faudrait éliminer les abus réels et ne pas s'en prendre à une catégorie de personnes chez qui un contrôle strict de leur mode de vie ainsi qu'un suivi régulier de leur maladie sont des impératifs.

La convention de rééducation fonctionnelle

Mieux connue sous l'appellation "convention diabète" cet accord est détaillé dans un texte relativement long pouvant sembler très complexe pour certaines personnes. En somme, il s'agit d'un accord conclu entre l'INAMI et les cliniques disposant d'un centre d'éducation et de prise en charge du patient diabétique. C'est en fonction de la catégorie dans laquelle est classée la personne diabétique que sera déterminé le nombre de tigettes autorisé pour chaque cas. Il existe essentiellement trois catégories. Je pense qu'il n'est pas utile de reproduire le texte de cette convention sur ce site donc, j'invite les personnes désireuses de consulter les modalités de cette convention à se rendre sur les pages situées à l'adresse suivante :

http://www.chbah.be/fiches/html/convention%20diab%C3%A8te.htm

Les modalités d'application de la convention diabète sont les mêmes pour tous les centres hospitaliers.

Cela étant, une personne diabétique ne se pique pas les doigts par plaisir. Un individu diabétique effectuant 4 contrôles de glycémie journaliers ressent plus ou moins rapidement les contraintes de ces contrôles. Cependant, certaines personnes plus que d'autres sont soumises à un nombre de contrôles plus important. Contrairement à ce que laissent entendre certains diabétologues, les personnes atteintes d'un diabète instable ne sont pas rares. Ces personnes, plus que les autres, ont besoin de contrôler davantage leur taux de glycémie pour plusieurs raisons.

Quelques précisions

Les personnes concernées par ce type de diabète, malgré le fait qu'elles respectent scrupuleusement leur alimentation et leurs apports d'insuline, n'arrivent pas à obtenir des valeurs glycémiques normales.

La logique suit le raisonnement suivant : à chaque jour qui passe, pour autant que l'on respecte un apport calorique défini et des dépenses physiques constantes, le taux de glycémie doit se situer dans des normes. Les injections d'insuline sont adaptées en fonction de ces critères. Un diabète instable est caractérisé par un taux de glycémie qui varie anormalement sans que l'on en discerne la raison. Tantôt la personne concernée sera en état d'hyperglycémie et  tantôt ce sera l'inverse, c'est à dire qu'elle sera soudainement victime d'une hypoglycémie. Celle-ci pouvant survenir à n'importe quel moment de la journée et même se répéter plusieurs fois par jour.

Les diabétiques dits «instables» sont constamment dans l'expectative dans le sens où ils ne savent jamais avec certitude quel est leur taux glycémique à un moment précis. Ces personnes véhiculent avec elles la hantise de l'hypoglycémie. Étant dans ce cas bien précis, je connais très bien cette problématique qui amène les problèmes suivants :

  • Si nous voulons entamer une activité sportive, bien que nous adaptons notre apport calorique et notre injection d'insuline en fonction de l'activité prévue, nous devons impérativement connaître notre indice glycémique avant de commencer.

  • Nous devons également connaître ce taux pendant l'activité pratiquée afin de savoir s'il faut ou pas reprendre une petite quantité de sucres rapides.

  • Nous devons savoir quelle est la valeur de notre glycémie après l'activité physique afin de savoir si nous devons ou pas reprendre quelques calories avant le prochain repas.

Voilà déjà trois contrôles sanguins nécessaires pour une situation particulière et ce n'est pas tout : si nous devons conduire un véhicule, nous devons également mesurer notre glycémie avant de partir afin de savoir si nous sommes ou pas proches d'une hypoglycémie.

En complément de ce qui vient d'être dit, il faut savoir que les personnes dont le taux de glycémie est instable ressentent souvent des malaises au cours de la journée. Ces malaises ressemblent parfois à des hypoglycémies donc, à ce moment précis, il faut de nouveau effectuer un contrôle. Certaines personnes dont l'instabilité du diabète est importante vont jusqu'à effectuer 10 contrôles par jour tant les malaises qu'elles ressentent sont nombreux. Si ces personnes souhaitent pratiquer une activité sportive, on devine aisément qu'elles doivent payer très cher le surplus de tigettes qui leur sont nécessaires.

D'une manière générale le diabétique de type I, dit insulinodépendant, faisant 3 ou 4 injections d'insuline quotidiennes, doit contrôler sa glycémie 4 fois par jour dans le cas d'un traitement basal-prandial. Cette situation nécessite 4 tigettes ajoutées à celles dont je parle ci-dessus représentant ainsi un total dépassant largement le nombre de tigettes que nous octroient certains diabétologues

Je le répète une fois de plus, nous ne piquons pas nos doigts par plaisir mais bien par contrainte.

Il existe des associations pour diabétiques mais celles-ci ne servent strictement à rien si ce n'est le fait d'amasser l'argent de leurs abonnés. Je le crie haut et fort, s'abonner à ce genre d'associations est totalement inutile mais encore une fois, ces propos n'engagent que moi. S'abonne évidemment qui le souhaite.

Bon à savoir

Si les diabétiques engendrent des dépenses coûteuses pour l'INAMI, il est aisé de comprendre qu'un malade n'ayant pas la possibilité de se soigner correctement par le fait qu'il ne reçoit pas des tigettes de contrôle en suffisance, verra rapidement son état de santé dégénérer. Les complications graves, comme les dysfonctionnements rénaux nécessitant des séances de dialyse, feront leur apparition et généreront des dépenses autrement plus onéreuses que le coût des tigettes supplémentaires qui nous sont refusées.

Il faut également savoir que les seringues à insulines, les aiguilles pour les stylos injecteurs et le nécessaire de désinfection des points d'injection sont aussi à notre charge. Il en est de même pour les tigettes de contrôle d'urine, nous devons aussi les payer.

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© Jacques SCHOUMAKERS