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Automne 1930 à Harzé, un fait divers.
Les restes de l'avion, le BREGUET 19B2 1717. Les paysans d'alentour accoururent rapidement sur les lieux, craignant le pire. Mais il n'y avait rien à espérer. L'une des premières personnes présentes sur les lieux du drame était le garde-chasse PIROTTON. Il fut rejoint par l'avocat ARNAUD et l'adjudant aviateur DELIGNE, de passage dans la région. L'ampleur de la catastrophe laissait présager la sinistre suite. Le mayeur LAMBOTTE aidé du secrétaire communal BOURGUET durent établir un service d'ordre ainsi qu'un périmètre de sécurité afin d'éloigner les badauds. Le fuselage de l'avion s'était littéralement planté dans le sol du terrain appartenant à madame de POTTER d'INDOYE. Le garde champêtre COURTOY et le commandant de la gendarmerie d'Aywaille, M.LETH, arrivèrent également à l'endroit du drame. Tous comprirent qu'il n'y avait plus rien à faire. A ce moment, nul n'était en mesure d'identifier les corps entortillés dans l'amas de tôles tordues. Nul n'osait regarder de près ce triste spectacle. Tout au plus savait-on qu'il s'y trouvait deux corps inertes, morts, déchiquetés ! Il fallu des volontaires bien courageux pour extraire les malheureux de leur cercueil volant. "Unguibus et Rostro" pouvait-on lire sur le fuselage de l'appareil. (Par le Bec et par les Ongles) Une fois les corps désincarcérés, l'on fouilla les restes de l'appareil parmi lesquels se trouvait une casquette sur laquelle étaient cousus des galons de colonel ainsi que le numéro 12. Elle appartenait au Corsaire Rouge, en l'occurrence le colonel HAPPE, commandant du 12è régiment d'aviation en garnison à Reims. L'autre cadavre, le mécanicien HUET, laissait entrevoir le fait qu'il avait probablement tenté d'ouvrir le sac contenant son parachute. Il n'eut guère le temps de le rendre opérationnel ! Dans le portefeuille de ce dernier, l'on découvrit un document écrit et signé par le père du mécanicien autorisant son fils à s'engager pour trois années dans les services de l'aviation. Il était daté de 1929. S'il eût su ce que le sort allait réserver à son fils . . . Les corps des deux malheureux furent conduits à la morgue communale d'Aywaille où ils passèrent la nuit pour ensuite être amenés au consulat de France à Liège ou fut érigée pour quelques heures, une chapelle ardente. Ils quittèrent ensuite le sol belge pour être rendus à leur terre natale. Venant de Reims pour se rendre à Metz, l'avion avait curieusement survolé le territoire de la commune d'Aywaille, pourtant pas située sur le trajet prévu. Personne ne saura en expliquer la raison. Une stèle commémorative. L'on avait érigé un petit monument en souvenir de ce tragique accident mais il tourna très vite à l'abandon. Envahi par les ronces, abandonné, il fut redécouvert par un touriste visitant l'endroit. Celui-ci suggéra aux autorités communales d'Aywaille de le remette dans un état décent. L'association des groupements patriotiques d'Aywaille insista également pour appuyer cette demande. C'est ainsi qu'il fut décidé de planifier une cérémonie de réhabilitation du monument. Celle-ci fut organisée à l'occasion du parrainage du 13è Wing Missiles par la commune d'Aywaille. Outre l'association des groupements patriotiques d'Aywaille, on observait également la présence des autorités communales, conduites par leur mayeur Fernand LATINNE. Le colonel POISSONNIEZ, chef du 13è Wing Missiles ainsi que des anciens combattants français originaires de Floing assistaient également à cette cérémonie.
Cette seconde inauguration eut lieu en date du 6 octobre 1969.
Stèle et plaque commémoratives telles qu'on peut les voir actuellement. Photos © J.S. 2004) © Jacques Schoumakers (2005) |